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Cheignieu-la-Balme, le blog d'un Cheignieulat de coeur.

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Promouvoir le village de Cheignieu-la-Balme, la région du Bugey et le département de l'Ain. Je dédie ce site à mon épouse Sandrine et à mes enfants Alexis et Romain.


L’énigme du menhir du Suran

Publié par cheignieulat avant tout

L’énigme du menhir du Suran

D'une hauteur de quatre mètres, classé monument historique depuis 1888, il est unique dans le département de l'Ain. Situé à la sortie de Simandre sur la route de Chavannes, au lieu-dit "Pierre fiche", il est seul rescapé d'un groupe de trois : un second tronqué en partie sert de passerelle au moulin de Tournesac.

Simandre-sur-Suran Sur le hameau de Thioles, un menhir datant de 2 500 avant J-C n’a laissé aucune indication franche sur les raisons de son existence. On ne sait pas non plus pourquoi il se trouve là, dans le Revermont. Des suppositions existent pourtant, venant d’historiens… et de fées.

Dans cette petite plaine du Revermont, entourée de montagnes, les plants de maïs sont à la merci du vent. Ils vacillent. Au milieu, lui ne bronche pas. Mieux, il domine les alentours. Solide comme un roc. Son âge, 4 500 ans et des poussières, ne le perturbe pas. Il semblerait qu’il ait encore ses pierres de vingt ans.

Le menhir de Simandre-sur-Suran, bien planté sur le hameau de Thioles, est le seul, dans le département, à avoir résisté au temps et aux hommes. Il y a trois cents ans, ils étaient au moins deux, mais l’autre, situé à 35 pas du premier, a dû tirer sa révérence car il était malencontreusement placé sur le terrain d’un agriculteur.

Il y en aurait même eu un troisième, mais le conditionnel est de mise. Les historiens ne peuvent l’affirmer, contrairement à la légende : trois fées se seraient rendues dans ce champ et y auraient planté trois quenouilles, qui se seraient instantanément transformées en énorme monolithe.

Notre ami résistant est le plus vieux monument historique classé comme tel du département. De loin, du haut d’une colline, il n’impressionne pas forcément. Mais c’est lorsqu’on le touche, qu’on prend la mesure de ses 3,80 m de hauteur, ses 50 cm d’épaisseur et de son 1,30 m de large. Puis, quand on apprend que sa partie enterrée est similaire à celle qui est émergée, on ressent les méandres de l’histoire. Il en a vu passer des Celtes, des Romains, des Burgondes, des Savoyards, des Franc-Comtois, et bien d’autres encore. Car son emplacement est central et a joué plusieurs rôles, dont celui de lieu de culte. Des cérémonies devaient y avoir lieu où l’on célébrait le défunt avant de le laisser s’en aller par la rivière. Il est symbole de passage, celui de la vie à la mort. Mais le menhir est aussi le symbole du passage physique, un carrefour. Voire une frontière, entre l’Austrasie et le royaume d’Arles par exemple, à l’époque mérovingienne. Plus tard, la Franche-Comté verra ses terres se limiter à ce représentant mégalithique. Il était aussi probablement un repère pour les rencontres, notamment commerciales et politiques.

Aujourd’hui encore, les communes des alentours utilisent ce menhir comme référence. Que l’on regarde aux quatre points cardinaux, on n’a jamais l’œil sur une même commune, une même vallée. D’un côté, Chavannes-sur-Suran ; d’un autre, Simandre-sur-Suran ; ou la Vallée du Treffort ; ou encore la Cluse, seul passage vers la vallée de l’Ain.

En plus de laisser planer le doute sur sa raison d’être et sur celle de son emplacement, cette roche ne nous dit pas non plus d’où elle vient. Peut-être d’une carrière des alentours, dans l’actuelle commune de Montmerle, à côté de Simandre. Rien de sûr.

L’histoire est incertaine, et peut-être plus encore que ce que l’on imagine. Il se dit que ce menhir aurait entre 300 et 500 frères rien que sous les terres de Bourg-en-Bresse…

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