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Cheignieu-la-Balme, le blog d'un Cheignieulat de coeur.

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Promouvoir le village de Cheignieu-la-Balme, la région du Bugey et le département de l'Ain. Je dédie ce site à mon épouse Sandrine et à mes enfants Alexis et Romain.


L'histoire du département de l’Ain et du Bugey

Publié par cheignieulat avant tout sur 3 Juin 2012, 12:43pm

Catégories : #Cheignieu la balme

 

 

 

Le département de l’Ain a été formé des anciennes provinces de Bresse, du Bugey, du Valromey, du Pays de Gex et de la principauté de Dombes. Son histoire, pour être complète, devrait donc se composer de l’histoire de ces diverses contrées, qui, dans le passé, eurent souvent des destinées différentes.

 

Avant la conquête romaine, la majeure partie du département de l’Ain était occupée les Sébusiens (Sebusiani) et par les Ambarres (Ambarri) ; ces derniers étaient alliés et clients de l’importante peuplade des Éduens. Les noms des villes d’Ambérieu et d’Ambronay nous rappellent les anciens Ambarres, et il reste encore dans le département de nombreux vestiges de l’époque celtique ; on retrouve journellement des tombeaux, des haches de pierre qui servaient aux sacrifices des druides, des dolmens, pierres levées ou plantées, et des médailles, parmi lesquelles il en est qui rappellent le soulèvement des Gaules par Vercingétorix, et d’autres qui constateraient le passage ou le séjour d’Annibal, quand il franchit les Alpes pour porter ses armes en Italie.

 

Tribus gauloises

 

    Au temps de la Gaule, quatre peuples se répartissaient le territoire du département de l'Ain actuel :

 

En 58 av. J.-C, les Helvètes du roi Orgétorix, après avoir brûlé leurs terres, entreprennent de traverser la Gaule pour aller s’installer en Saintonge, chez les Santons, .

Une guerre survenue entre les Séquanais et les Éduens détermina effectivement l’invasion romaine ; les Séquanais, vaincus d’abord, avaient appelé à leur secours Arioviste, chef des tribus campées sur les rives du Rhin ; les Éduens, à leur tour, sollicitaient l’appui du sénat romain, lorsqu’une armée de 368 000 Helvètes vint menacer la Gaule d’une terrible invasion. Ils n’avaient pu franchir le Rhône à Genève parce que César en avait fait rompre le pont ; ils traversèrent le défilé de l’Écluse et pénétrèrent ainsi au milieu du pays des Ambarres, qu’ils ravagèrent.  

Après avoir fait table rase du passé, ils descendent le Rhône, avançant en colonnes parallèles par la cluse de Nantua, celle des Hôpitaux (St-Rambert-en-Bugey), et peut-être aussi le long du Rhône jusqu’au confluent avec la rivière d’Ain.

 

Les Helvètes et jules césar

Traversant le Bugey par les cluses, avec l'autorisation des séquanes, ils fournissent à César le prétexte d'entrer en Gaule avec son armée, appelé à l'aide par les Ambarres. C'est le commencement de la Guerre des Gaules.

Dans les Commentaires sur la Guerre des Gaules, Jules César mentionne l’épisode:

« En même temps les Ambarres, peuple ami des Héduens et de même souche, font savoir à César que leurs campagnes ont été ravagées, et qu’ils ont de la peine à défendre leurs villes des agressions de l’ennemi.

[…] Et à supposer qu’il consentît à oublier l’ancien affront [des Helvètes], leurs nouvelles insultes, tentative pour passer de force à travers la province dont on leur refusait l’accès, violences contre les Héduens, les Ambarres, les Allobroges, pouvait-il les oublier ? »

— Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre I, 11 & 14.

Etant remontés sur le plateau de Dombes, les Helvètes parviennent jusqu’à la Saône pour semble-t-il passer au gué de Grelonges, près de Messimy. Ils auraient été plus de 360 000, hommes, femmes, enfants, à pied, à cheval, accompagnés de chariots.

Jules César, à la demande des Eduens, gaulois alliés de Rome, s’empresse d’intervenir avec ses légions. Remontant la vallée du Rhône, il monte lui aussi sur le plateau de Dombes et y établit un camp (Il avait massé ses troupes sur les hauteurs de Sathonay et arriva près de Trévoux où il rejoint les Tigurins). Puis parties à minuit, les légions franchissent les derniers 20-25 km (distance habituellement parcourue en un jour par les légions romaines) : elles fondent sur l’arrière-garde helvète, l’anéantissent près du gué et forcent le reste des envahisseurs à regagner leurs montagnes.

Peu à peu, le territoire helvète devient une colonie romaine qui connu de rapides progrès, surtout dans le Bugey, où se trouvait la ville gauloise d'Izarnodorum (Izernore).

C'est à cette époque que furent construites des voies romaines sillonnant le territoire, de Lyon à Mâcon, de Genève à Besançon en traversant des villes de l'Ain où subsistent parfois encore des vestiges comme à Montluel, Chazey-sur-Ain, Belley, Brou, Montmerle-sur-Saône ou Gex. Dans les communes de Belley, Briord ou Vieu avaient été édifiées des temples et des édifices ainsi que deux aqueducs dont on trouve encore la trace à Vieu ou Groslée.  

 

 
Le Temple gallo-romain d'Izernore.

 

 

 

 

 

 

 

 

L’établissement de la domination romaine succéda, pour les Ambarres, au danger qu’ils avaient couru de subir le joug des Germains.

 

 

Outre le grand épisode national auquel est resté attaché le nom de Vercingétorix, plusieurs révoltes locales protestèrent contre les efforts de l’administration romaine pour dénationaliser les Gaules. Sous Tibère, en l’an 21, Silius, proconsul de la Germanie supérieure, eut à combattre, dans les provinces qui nous occupent, une sédition dont Sacrovir était le chef, et dans laquelle se signalèrent les gladiateurs gaulois destinés aux cirques de Rome. En 69, les Séquanais remportèrent une inutile victoire sur le général Sabinus. Les résultats de ces mouvements avortés étaient de fréquents remaniements dans la division territoriale des provinces domptées ; c’est ainsi que le pays occupé par les Ambarres fit tour à tour partie de la Germanie supérieure sous Auguste, de la grande Séquanaise sous Constantin, et plus tard de la première Lyonnaise.

 

Quoique les Romains n’aient point laissé, de leur passage dans le département de l’Ain, des traces aussi monumentales que dans certaines autres contrées de la France, leur civilisation n’y est point restée sans influence sur l’adoucissement des mœurs, sur l’amélioration des voies de communication et sur l’embellissement des villes et bourgs existant à cette époque ; des ruines de temples, d’autels votifs, d’aqueducs, des égouts, des bains témoignent encore de cette initiation à l’art antique, qui fut comme la mission providentielle de la conquête romaine.

On prétend que le Valromey (vallis Romana) doit son nom au choix qui fut fait de cette petite enclave du pays des Ambarres pour lieu d’exil assigné aux citoyens romains bannis de l’Italie. Cependant ce n’était pas un éternel adieu qu’avaient dit les Germains au doux climat et aux fertiles campagnes de l’Occident. Leurs hordes semblaient renaître plus innombrables et plus ardentes sous le tranchant des épées romaines ; le IVe siècle vit successivement s’engouffrer dans les Gaules : Suèves, Alains, Vandales et les Huns d’Attila. Tous ceux-là, cependant, comme emportés par l’impétuosité de leur élan, roulèrent au delà des fleuves qui bornaient l’ancien pays des Séquanais ; c’est à d’autres conquérants qu’était réservé le territoire des Ambarres. Derrière les bandes rapides d’Attila s’avançait une espèce d’armée de géants, muraille vivante, lente, raide et impassible comme le destin ; ils avaient sept pieds, dit Sidoine Apollinaire ; ils mirent sept ans pour descendre de Mayence à Lyon ; c’étaient les Burgundes. Romains et Gaulois tentèrent à peine de leur résister ; au reste, ils arrivaient sans colère et comme des enfants oubliés qui seraient venus réclamer leur place au foyer paternel. « Cantonnés militairement dans une grande maison, dit Augustin Thierry, pouvant y jouer le rôle de maîtres, ils faisaient ce qu’ils voyaient faire au client romain et se réunissaient de grand matin pour aller saluer leur noble hôte par les noms de père et d’oncle, titres de respect fort usités alors dans l’idiome des Germains. Ensuite, en nettoyant leurs armes et en graissant leur longue chevelure, ils chantaient à tue-tête leurs chansons nationales et, avec une bonne humeur naïve, demandaient aux Romains comment ils trouvaient cela. » Le premier hendin ou chef connu des Burgundes était Gondicaire, qui mourut en 476, laissant quatre fils qui se partagèrent ses États. Gondebaud, l’un d’eux, dépouilla ou fit mourir les trois autres et constitua le royaume de Bourgogne. Cette dynastie disparaît en 534, devant les armes victorieuses des Francs, et les conquêtes des Burgundes vont grossir l’héritage des fils de Clovis. Toutefois, cette courte domination laissa une profonde empreinte dans le sol et dans le régime du pays ; la loi gombette fut maintenue dans celles de ses dispositions qui attribuaient aux Bourguignons la propriété des deux tiers des terres conquises et d’un tiers des serfs qui les habitaient, ne laissant que le tiers des terres et les deux tiers des serfs aux anciens possesseurs. Nos provinces de Bresse et du Bugey traversèrent sans de grands orages les temps mérovingiens, tantôt annexées au royaume de Metz ou d’Orléans, tantôt administrées au nom des rois d’Austrasie par des patrices ou maires du palais.

 

Moyen Âge [modifier]

Gaspard II de Coligny fut l'un des membres les plus illustre de la maison de Coligny qui régnait sur le Revermont

À la fin de l'Empire romain, les burgondes s'installent sur le territoire, en premier lieu dans la grande Séquanaise, puis dans tout le sud-est. C'est à Ambérieu-en-Bugey qu'aurait été rédigée une partie de la loi Gombette (ou loi de Gondebaud), promulguée à Lyon en 507 par Sigismond.

En 534, Clotaire et Childebert, deux fils de Clovis, soumirent la Bourgogne de telle sorte que le pays intégra le royaume des Francs.

Au VIe siècle, apparaît le diocèse de Belley et les abbayes bénédictines commencent à jouer un rôle important, comme celles de Nantua, Saint-Rambert-en-Bugey, Ambronay ou Saint-Benoît. La chartreuse de Portes attira par sa renommée saint Bernard et Louis le Jeune.

À l'époque carolingienne, l'Ain est divisé en "Pays" qui sont gouvernés par des Comtes (seigneurie de Villars, Maison de Coligny) et donnnent naissance aux premiers grands fiefs.

En 843, le traité de Verdun abouti au partage du royaume entre les trois fils de Louis le Pieux. L'Ain fait partie du royaume de Lothaire Ier alors que la Bresse revient à Charles le Chauve. Les frontières ouest (La Saône) et nord du futur département sont alors fixées.

L'unité savoyarde

Bas Moyen Âge

Au XIe siècle, les comtes de Savoie s'installent dans la région de Belley et en Valromey. Ils vont peu à peu s'étendre jusqu'au début XVe siècle, permettant ainsi d'unifier progressivement les différents pays de l'Ain.

Ainsi, en 1196, l'abbé de Saint-Rambert-en-Bugey place son monastère sous la protection du comte Thomas Ier de Savoie. En 1272, le comte Amédée V de Savoie épouse Sibille de Bâgé et reçoit toute la Bresse, dont Bourg-en-Bresse qui devient rapidement la capitale. En 1289, Amédée V acquiert le Revermont du duc de Bourgogne, puis les terres de Coligny.

Au début du XIVe siècle, la guerre entre la Savoie et le Dauphiné éclate. Les conquêtes de territoire et les pertes vont se succéder, les deux camps envahissant une partie du département avant d'en être chassé. Par exemple, le comte Amédée V s'empare de Ambérieu-en-Bugey avant que le dauphin de Viennois reconquiert la ville où il fit construire le château des Allymes.

Finalement, le traité de Paris, signé en 1355, aboutit à un échange de territoires entre la Savoie et le Dauphiné qui cède les terres qu'il possédait sur la rive droite du Rhône. Le fleuve devient définitivement la frontière sud du futur département. Au même moment, le Pays de Gex passe sous le pouvoir de la maison de Savoie.

L'expansion de la maison de Savoie se poursuit en 1402 lorsque le comte Amédée VIII de Savoie achète une grande partie de la seigneurie des Thoire-Villars qui possédait le Haut-Bugey et une partie de la Dombes.

Au début du XVe siècle, la maison de Savoie possède donc la quasi-totalité du département actuel sauf une partie de la Dombes qui appartient au seigneur de Beaujeu. Par ailleurs, si les terres de l'abbaye de Nantua et de l'évêque de Belley ne font pas partie juridiquement des États de Savoie, en fait elles en dépendent totalement.

Renaissance

Emmanuel-Philibert de Savoie

En 1504, Marguerite d'Autriche, veuve du duc Philibert II de Savoie, reçoit les pays de l'Ain en douaire. Elle entreprend la construction de l'église de Brou.

En 1536, François Ier, fils de Louise de Savoie et neveu de Charles III, revendique la Savoie et s'en empare grâce à l'intervention de l'amiral Chabot de Brion. Il occupe également la Dombes appartenant jusque là aux Bourbons.

Au milieu du XVIe siècle, le futur département est donc tout entier annexé à la France. Si l'unité politique et administrative du département est réalisée, le découpage religieux reste celui du VIe siècle jusqu'à la Révolution française.

Finalement, en 1560, la Dombes est restituée aux Bourbons et elle restera une principauté indépendante jusqu'en 1762.

En 1559, avec les traités du Cateau-Cambrésis, la Savoie et les pays de l'Ain sont restitués à Emmanuel-Philibert après sa victoire lors de la bataille de Saint-Quentin.

Le rattachement à la France

La guerre qui oppose Henri IV et Charles-Emmanuel Ier de Savoie prend fin au traité de Lyon de 1601, négocié par René de Lucinge, seigneur des Allymes. La France cède le marquisat de Saluces et reçoit en contrepartie les provinces savoyardes de la rive droite du Rhône, qui sont rattachées à la province de Bourgogne. Seule la vallée de la Valserine reste au duché de Savoie.

En 1760, la France et la Savoie signe le traité de Turin aux termes duquel la France cède les villes de Seyssel (en partie), Chanaz et La Balme situées sur la rive gauche du Rhône, mais faisant partie du Bugey, en échange de la vallée de la Valserine.

En 1762, le comte d'Eu Louis Charles de Bourbon cède la Dombes, restée indépendante, à Louis XV.

L'unité du futur département de l'Ain est alors entièrement réalisée.

De la création du département à aujourd'hui:

C'est en 1790 que le département de l'Ain est officiellement créé avec une loi du 25 janvier 1790. L'Ain et le Jura procèdent à un échange de paroisses l'Ain cède 15 villages : dont Aromas; Coisia;Cornod;Saint-Jean-d'Étreux,Thoirette et reçoit en échange Chavannes-sur-Suran, Salavre,Germagnat;Pouillat et la partie de Coligny franc-comtoise : Coligny-le-Vieux. Caluire paroisse bressane est rattachée au département de Rhône-et-Loire, plusieurs villages du Franc-Lyonnais Genay, Riottier et Saint-Jean-de-Thurigneux sont rattachés à l'Ain. Le nouveau département est divisé en neuf districts, 49 cantons et 501 communes.

Une loi du 17 février 1800 supprime les districts et crée les 4 arrondissements de Bourg-en-Bresse, Belley, Nantua et Trévoux). L'arrondissement de Gex est rattaché au nouveau département du Léman dont le chef-lieu est Genève.

Le traité de Vienne de 1815 supprime le département du Léman et l'arrondissement de Gex est restitué à l'Ain à l'exception de quelques communes situées près de Genève et du lac Léman (Collex-Bossy y compris Bellevue , Meyrin, Versoix, Grand-Saconnex, Vernier, Pregny-Chambésy).

En 1926, les arrondissements de Gex et de Trévoux sont supprimés mais en 1933, l'arrondissement de Gex est rétabli. En 1967, les communes de Rillieux, Crépieux-la-Pape, Genay, Montanay, Sathonay-Village et Sathonay-Camp sont rattachées au département du Rhône 

 

 

Au VIIe siècle, Ragnebert, un noble et pieux chevalier franc est victime d'obscures intrigues de pouvoirs sous le règne du « roi fainéant » Thierry III. Exilé dans le Bugey par Ebroïn, le maire du palais, il est assassiné sur ses ordres, le 13 juin 680 sur le chemin de l'Abbaye (une croix de pierre, placée à quelques pas du pont du Brevon, indique l'endroit où il aurait été mis à mort par deux « sicaires »).
D'après la légende, les prodiges se multiplièrent sur le tombeau de Ragnebert et le lieu devint rapidement un important lieu de pèlerinage. En peu de temps, il se forma sous la protection de l'Abbaye un bourg qui prit le nom du martyr (les reliques de Saint Rambert sont toujours conservées dans l'église paroissiale).

 

Né dans une illustre famille du royaume Franc il sera cité dans une charte de l'abbaye de Saint-Denis datée de 662, dans ce document il est le troisième à signer ce qui témoigne de son rang. Son père est le duc Radebert, gouverneur des provinces comprises entre la Seine et la Loire.

Très jeune il manifeste des dispositions dans le maniement des armes et le goût des études s'attirant déjà la jalousie d'Ébroïn qui deviendra maire du palais de Neustrie vers 658 réputé pour avoir un caractère violent et despotique. Sur les rumeurs d'un complot de plusieurs grands seigneurs dont Ragnebert pour le renverser, Ébroïn voulu le mettre à mort mais grâce à Ouen, archevêque de Rouen, sa peine est commuée en exile dans le Bugey sous la garde d'un seigneur local nommé Théodefroi. Ébroïn n'avait pas oublié son premier projet aussi envoie-t-il deux hommes de mains assassiner Ragnebert. Ils le retrouvent au monastère de Saint-Rambert-en-Bugey bâti par saint Domitien. Le martyr demande à pouvoir prier une dernière fois dans une chapelle peu éloignée du monastère ce que les assassins refusent, ils le transperce d'un coup de lance alors qu'à genoux il recommandait son âme à Dieu le 13 juin 680[3].

Le corps de Ragnebert est recueilli par les religieux du monastère et enterré dans leur Cloître avant qu'il ne soit déplacé près de l'autel de leur église. Quatre siècle après son inhumation la ferveur était encore si grande sur sa tombe qu'un comte du Forez nommé Gillinus obtint une partie des reliques pour les transférer au prieuré de saint-André près de Montbrison donnant naissance au village de Saint-Rambert-sur-Loire. Quant à celles de Saint-Rambert-en-Bugey, toujours conservées actuellement, elles furent transportées en 1793 dans une châsse en bois dorée surmontée d'une couronne.

La dépouille du saint fut ensuite enterrée dans le cloître du monastère voisin et de nombreux miracles se produisirent sur son tombeau. La commune de Saint-Rambert-en-Bugey se développera plus tard sur ces lieux.

 

 La chaire est du XVe siècle. Un de ses panneaux représente Saint-Rambert-en-Bugey, d'où viennent les reliques.

 

    SAINT RAMBERT ou RAGNEBERT, MARTYR (+ 680)
 CULTE. - Une croix de pierre marquait, au siècle dernier, et peut-être encore de nos jours, l'emplacement du martyre. Il y avait non loin de là, dès le 5ième siècle, un monastère dédié à saint Genès; c'est là que fut transporté le corps de saint Rambert; on l'ensevelit d'abord sous le portique de l'église, puis, 14 ans plus tard, on le transporta dans l'église même, à la suite de plusieurs miracles. Les pèlerins furent si nombreux que dans le voisinage de l'abbaye se forma un bourg qui fut appelé Saint-Rambert, comme le monastère lui-même. Quatre siècles après la mort du saint, sous l'épiscopat de saint Gebuin, archevêque de Lyon, un comte du Forez, Gillin, obtint une partie des reliques pour le prieuré Saint-André, près de Montbrison; là aussi, l'affluence de peuple donna naissance à un village de Saint-Rambert; l'église possède encore, dans une châsse de métal doré, les reliques qui furent mises en sûreté pendant la Révolution. Celles de Saint-Rambert-en-Bugey furent placées, en 1763, dans un reliquaire de bois doré; elles furent cachées par trois fidèles, en 1792, puis exposées de nouveau le 10 juin 1813, sous la présidence du cardinal Fesch, archevêque de Lyon.

 

Mais au VIIIe siècle une nouvelle secousse ébranla le sol ; de nouveaux conquérants apparaissent ; cette fois, c’est du sud qu’ils arrivent : ce sont les Sarrasins d’Abd-el-Rhaman ; ils remontent la Saône jusqu’à Chalon et là se partagent en deux armées, dont l’une envahit et ravage toute la rive gauche du fleuve. La victoire de Charles Martel donne la date de leur dispersion ; on est moins bien renseigné sur la durée de leur séjour ; il dut être assez long puisqu’on rencontre encore des constructions qui leur sont attribuées. La période qui s’étend de Charles Martel à Louis le Débonnaire n’offre d’intéressant pour notre histoire que la lente élaboration de nouvelles divisions territoriales qui font pressentir déjà l’approche des temps féodaux. Il commence à être fait mention dans les chartes du Dombensis, principauté de Dombes, et de la Brissia, comté de Bresse. Par le traité de Verdun, en 843, ces provinces avaient été incorporées successivement au royaume d’Italie et de Lotharingie ; elles ne rentrèrent au domaine de Neustrie qu’à la mort de Louis Il (879).

A cette époque d’inexprimable confusion provoquée par le partage du vaste empire de Charlemagne, compliquée par le capitulaire de Kiersy-sur-Oise, qui fonda les fiefs, se rattache l’établissement d’une première maison de Bourgogne qui compta quatre princes : Beuve d’Ardennes, Boson, roi d’Arles, Richard le Justicier et Gislebert de Vergy. Alors aussi apparaissent, pour la première fois, des comtes de Bresse, qui commencent, en 830, au sire de Beaugé, doté, par Louis le Débonnaire, de cette seigneurie, en récompense des services qu’il lui avait rendus, et qui finissent en 1268, avec Guy, mort sans autre descendance qu’une fille, nommée Sibylle, dont le mariage avec Amédée IV transporta à la maison de Savoie la plus grande partie de la Bresse. Rien n’est plus horriblement lugubre que le spectacle offert au Xe siècle par les contrées riveraines de la Saône. Déchirements féodaux, invasions des Normands et des Hongrois, dix famines et treize pestes ! On vendit publiquement de la chair humaine à Mâcon !

Hâtons-nous d’échapper à de pareils souvenirs, et sous la domination de la maison capétienne de Bourgogne suivons l’extension et la consolidation du pouvoir des comtes de Savoie dans nos petites provinces de Bresse et du Bugey. Du mariage d’Amédée IV avec Sibylle, héritière des sires de Beaugé, naquit Édouard, qui fut aussi comte de Savoie, épousa Blanche de Bourgogne, et qui, à défaut d’héritier direct, laissa les comtés de Savoie et de Bresse à son frère cadet, nommé Émond. Celui-ci épousa Yolande Paléologue, fille de Théodore, marquis de Montferrat. Leur fils aîné, Amédée ou Amé V, surnommé le comte Vert, vécut jusqu’en 1383 ; il ajouta à ses domaines héréditaires une partie notable du Bugey, acheta les biens des seigneurs de Coligny et de Montluel, la seigneurie de Mirbel et le pays de Gex, et obtint de l’empereur Henri IV d’ajouter à ses titres celui de comte du Bugey.

La carte donne une idée de ce que fut le découpage territorial du Département de l'Ain au Moyen Age.

Amé VI ne régna que huit ans ; il mourut en 1391 des suites d’une blessure reçue en chassant le sanglier ; il avait épousé Bonne de Berry, petite-fille du roi Jean. Son fils, Amé VII, fut le premier duc de Savoie ; n’étant encore que comte, il avait acquis les fiefs de Thoiré et de Villars et était ainsi devenu le souverain de tout le territoire qui constitue aujourd’hui le département de l’Ain. C’est à lui que les habitants durent la concession des premières chartes communales et la rédaction des statuts qui régirent le pays jusqu’à la Révolution de 1789 sous le nom de coutumes et usages. Louis, son fils et son successeur, ne régna que cinq ans, de 1440 à 1445 ; de son union avec Anne de Lusignan, fille unique du dernier roi de Chypre, datent les droits de la maison de Savoie au royaume de Chypre.

Rien ne signale à l’intérêt historique de ce département le règne d’Amé VIII ; mais Amé IX, qui lui succéda, étant devenu veuf, et dégoûté de la vie agitée que lui faisaient les rivalités jalouses des princes ses voisins, embrassa l’état ecclésiastique ; il n’y rencontra pas davantage la tranquillité obscure qu’il cherchait. Il fut élu pape sous le nom de Félix V ; le schisme déchirait l’Église ; la lutte, les violences étaient trop éloignées de ses goûts pour qu’il ne s’empressât pas de déposer la tiare comme il avait résigné le sceptre ; il alla s’enfermer à Ripailles, nom prédestiné, où il mena une existence de doux loisirs et de pacifiques jouissances conformes à ses instincts, dont il eut le rare mérite d’avoir conscience. Une inscription qui fut placée au-dessus d’une des portes de Pérouges, et dans laquelle, à la naïve impatience des soucis de la guerre, à la latinité plus naïve encore, il serait peut-être permis de reconnaître l’esprit du bon duc lui-même, nous semble assez heureusement caractériser la physionomie placide de ce règne. Il S’agissait d’immortaliser la valeur des habitants de la ville qui avaient repoussé les troupes de Comminges, général au service de Louis XI, alors dauphin de Viennois.

Voici dans quel style sont célébrés leurs exploits :

PERUGIAE PERUGIARUM
URBS IMPRENABILIS
COQUINATI DELPHINATI VENERUNT
ET NON POTUERUNT COMPREHENDERE ILLAM
ATTAMEN IMPORTAVERUNT PORTAS ET CRONOS
DIABOLUS IMPORTAT ILLOS

Les descendants d’Amé IX conservèrent encore pendant plus d’un siècle, de 1472 à 1601, la possession de la Bresse et du Bugey ; mais leur pouvoir sur ces provinces devenait plus contesté et plus précaire à mesure que s’affermissait et se concentrait la monarchie française. En 1536, François Ier s’empara de la Bresse, qui resta annexée à la France pendant tout son règne et ne fut rendue par Henri II au duc Emmanuel-Philibert qu’en considération de son mariage avec Marguerite de France, dernière fille de François Ier. Le fils issu de cette union, le duc Charles IV, est le dernier prince de la maison de Savoie qui ait possédé le territoire du département de l’Ain.

 

 

Dans la Cluse des Hôpitaux, un petit village, Rossillon, a joué un rôle majeur dans l’histoire des États de Savoie. À l’entrée du village, on aperçoit sur la gauche une demeure du XIVe siècle, construite par la famille de La Forest. Cette bâtisse massive, aux puissants contreforts, a encore belle allure et est en cours de restauration. Flanquée d’une tour carrée, elle connut des destins divers, prison au XIXe siècle, puis caserne de gendarmerie à cheval au début du XXe siècle.

À droite du château, sur une esplanade, se dresse une harmonieuse église, en bon état, restaurée et agrandie à la même époque par les seigneurs de La Forest.

À 100 m au-dessus, surplombant Rossillon et son défilé, on aperçoit un imposant rocher surmonté d’une statue de la Vierge, emplacement de l’ancien château, dont il ne reste aucune trace, et qui devait s’apparenter plus à une inconfortable redoute militaire qu’à un logis seigneurial, et fut laissé à l’abandon.

 

 

La charge de châtelain en Savoie était fort recherchée au Moyen Âge et n’était concédée qu’à la première noblesse, en reconnaissance de services rendus à la guerre, à la cour, ou dans les ambassades. Le châtelain rendait la justice, administrait et gouvernait au nom du prince. Ce « mandement » constituait pour le châtelain, outre les gages qu’il recevait, une source de profits divers, et lui conférait de nombreux droits. Par ailleurs, le Châtelain pouvait désigner un vice-Châtelain et continuer d’exercer ses fonctions auprès du Prince.

Or, la Châtellenie de Rossillon, par son étendue, sa situation stratégique aux marches de la Savoie, et ses nombreuses paroisses, fut la plus importante du Bugey pendant la période où les seigneurs de La Forest en furent les titulaires (du XIVe siècle au début du XVIe siècle).

 

On put considérer Rossillon comme la capitale du Bugey et son châtelain, ou bailly, comme le plus haut dignitaire de la Province. Malgré la modestie actuelle du village de Rossillon, on sait qu’il était entouré de fortifications dont il subsiste certains vestiges.

En outre, les rôles, ou comptes minutieusement tenus par les châtelains, nous éclairent sur l’importance économique, administrative et juridique du bailliage de Rossillon. À la suite d’un incendie qui détruisit presque entièrement Rossillon, le siège des baillis du Bugey fut transporté à Belley où il resta.

 

Guillaume II, Seigneur de La Forest, du Châtelard, de la Fenarre en Grèce, fut le premier châtelain de Rossillon, dès 1398. Page du Comte vert, Ecuyer du Comte Rouge, chambellan et ambassadeur du duc Amédée VII, c’est lui qui fit reconstruire le chœur de l’église où il fut inhumé en 1440, et bâtir une chapelle latérale, où les armes apparaissent sur la clef de voûte.

Lui succède alors son fils, Jean Ier de La Forest, inhumé en 1466 au tombeau de son père. C’est lui qui fit ériger la maison forte, siège du bailliage de Rossillon, à l’entrée du village fortifié.

Antoine de La Forest (1445-1499), seigneur de La Barre, gouverneur de Nice – illustre pour avoir sauvé le jeune duc Philibert des mains du « Téméraire » – et son frère Hugues, tous deux fils du précédent, se partageront la châtellenie jusqu’en 1509, date de la mort de Hugues.

Quand François Ier s’empare du Bugey en 1536, c’est encore un La Forest, Philibert, seigneur de La Bâtie d’Albanais, petit-fils de Hugues, qui prête « foi et hommage » au roi de France pour sa châtellenie de Rossillon. À partir de 1550 environ, les offices de châtelain tombèrent en défaveur et furent de moins en moins exercés par la noblesse.

 

En 1601, Henri IV, qui était maître du marquisat de Saluces, enclavé dans le Piémont, offrit au duc Charles de l’échanger contre la Bresse. La convention fut acceptée et ratifiée par le traité de paix conclu à Lyon la même année ; le Bugey et le Valromey furent compris dans l’échange ; il en fut de même du pays de Gex, à l’exception de quelques petits villages sur lesquels le canton de Genève fit valoir ses droits de souveraineté. Cette petite baronnie avait relevé autrefois des comtes de Genevois ; elle était alors possédée par les cadets de cette famille ; de leurs mains, elle était passée à la maison de Joinville, à laquelle les comtes de Savoie l’avaient enlevée en 1353, sous prétexte que les seigneurs refusaient de leur rendre hommage.

 

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Quant à la principauté de Dombes, ancien fief des puissants comtes de Beaujeu, devenue, depuis 1391, par legs du comte Édouard, domaine de la maison royale des ducs de Bourbon, son indépendance ne souffrit aucune atteinte de ces diverses transformations. Vers le temps où nous sommes arrivés, Henri IV empruntait l’hôtel de la monnaie de Dombes pour y faire frapper des pièces d’argent et de cuivre à son effigie.

Ce petit État, survivant dans son originalité vivace à l’anéantissement de toute organisation féodale dans le royaume, se maintint avec l’intégrité de ses privilèges et l’observance de ses vieilles coutumes jusqu’au règne de Louis XIV. Mlle de Montpensier en était alors souveraine ; on lui persuada d’abandonner Dombes au duc du Maine, fils légitimé du roi, pour en obtenir l’autorisation de rendre publique son union avec le beau Lauzun ; Louis XIV accepta pour son fils la principauté et se contenta d’ouvrir à Lauzun les portes de la prison de Pignerol. En 1762, la Dombes fut irrévocablement réunie à la couronne en vertu d’un échange qu’en fit le comte d’Eu, second fils du duc du Maine, contre le duché de Gisors, en Normandie.

 

Depuis l’annexion de la Bresse et du Bugey à la France, ces provinces ont suivi la fortune de la patrie commune sans que les grands événements contemporains y aient eu un retentissement exceptionnel.

 

Signalons cependant, en 1814, la belle défense du défilé des Balmettes, situé entre Saint-Germain et Torcieu, par les habitants du canton de Saint-Piambert, d’Ambérieu et de Belley contre l’armée autrichienne, défense qui leur valut le nom bien mérité de héros des Balmettes.

Aigle des Balmettes

 

Les habitants du département de l’Ain sont au XIXe siècle, grands, robustes, bien proportionnés dans leur structure, d’une physionomie agréable, dont souvent la pâleur mate est un des indices des fièvres locales qui ravagent certains cantons ; ils sont économes, laborieux, d’un jugement sain, d’une raison froide ; ils ont du goût et des dispositions naturelles pour la musique ; quoique les bienfaits de l’instruction soient mieux appréciés chez eux que dans beaucoup d’autres contrées, ils sont encore fidèles à quelques vieilles traditions superstitieuses ; ils croient aux sorciers, placent dans le cercueil des morts quelque ustensile de ménage à leur usage et accompagnent de tapage charivarique l’époux veuf qui se remarie.

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L'abbaye Notre-Dame d'Ambronay

L’une des principales abbayes de la région Rhône-Alpes, située dans le département de l’Ain, entre Lyon et Genève. Les origines du site, la fondation par saint Barnard, l'époque mauriste (XVIIe-XVIIIe siècles), la période révolutionnaire et la composition de l'ensemble monastique et de son domaine sont abordés afin de replacer l'abbaye dans son contexte.
Mesurant plus de soixante mètres de longueur, l'ancienne abbatiale -dont l’origine remonte à l’époque carolingienne- est de style roman et de style gothique. Son architecture à trois nefs, chœur et chapelles est décrite, de même que les aménagements liturgiques, les objets d'art et le mobilier, parmi lesquels une statue baroque de la Vierge, des stalles du XVe siècle, un chapier et des boiseries dans la sacristie. La sculpture médiévale n'est pas oubliée avec les scènes de la Vie de la Vierge et de l'Enfance du Christ sur le portail latéral de la façade du XIIIe siècle et le gisant du XVe siècle de la chapelle funéraire de Jacques de Mauvoisin.
Le cloître gothique, construit par Etienne de Morel, surprend avec ses deux niveaux de circulation et son étage couvert réalisé au XVIIe siècle. Les bâtiments monastiques composent, à l'intérieur d'une enceinte qui subsiste partiellement, un vaste ensemble autour de l'église. Les ailes conventuelles abritent notamment une salle capitulaire médiévale et un escalier monumental orné d'un splendide plafond -peint à l'époque où les bénédictins de Saint-Maur avaient repris en main le monastère- où sont représentés des anges, des guirlandes de fleurs et des perroquets. Le logis abbatial, les écuries, la tour-pigeonnier et le château de la garnison du Comte de Savoie complètent ce bâti encore très bien conservé.
Cet ouvrage, qui permet de visiter l'ancienne abbaye, présente aussi de manière synthétique l'actualité de la Recherche avec les dernières découvertes faites sur le site : les phases de construction les plus anciennes -qui datent du haut Moyen-Age- mises au jour grâce à l’archéologie d’élévation, la physionomie primitive de la façade gothique, de rares et magnifiques vestiges de peintures murales du XIIIe siècle et de précieux vitraux du XVe siècle figurant notamment l'Annonciation, la Crucifixion et saint Jacques, patron de l'un des grands abbés bâtisseurs.

L'auteur, Laurence Hamonière, historienne de l'architecture. titulaire d'un diplôme de 3e cycle d'Université, Laurence Hamonière est historienne et spécialiste d'Ambronay. Elle travaille pour des collectivités territoriales désireuses de mettre en valeur leur patrimoine artistique et, dans plusieurs régions, avec les Monuments-Historiques dans le cadre des études préalables aux travaux de restauration (édifices civils, religieux ou militaires). Elle écrit depuis de nombreuses années, participe à des colloques, donne des conférences et travaille pour la presse locale et régionale dans divers domaines. A noter parmi ses contributions : le Guide Gallimard de l'Ain, en 1999 et Regards sur le patrimoine sonore (art campanaire), paru chez Actes Sud, en 2010.
 

    L'histoire du Bugey :  

Le terme de Bugey correspond historiquement au nom donné à une circonscription administrative,
le vicus de Belley. Définissant au départ uniquement le diocèse de Belley,
l'appellation de Bugey s'appliqua par la suite,
en suivant la progression des conquêtes de la Maison de Savoie,
à tous les pays situés entre le Rhône et la rivière Ain jusqu'à la terre de Nantua.
A la fin de l'Ancien Régime,
le bailliage du Bugey constituait une petite "province" d'une superficie
de 92 lieues carrées (soit environ 1980 km2).

 

L'homo sapiens n'apparaît dans le Bas-Bugey que lors du retrait définitif
des grands glaciers alpins au paléolithique supérieur (20 000 à 12 000 ans BC ;
Grotte des Hotteaux à Rossillon) au moment où les conditions
en Bugey étaient favorables à une implantation humaine.

L'azilien et le néolithique nous sont connus par des haches et autres
outils de pierre polie, par le squelette enchevêtré
de l'homme de Culoz et par de nombreuses pierres à cupules.

 

Le peuplement pré-romain de la région est partagé entre des peuples
venus du nord tels que les Séquanes et les Helvètes et des peuples venus
du sud tels que les Ambarres et les Allobroges.

Mais le Bugey entre réellement dans l'histoire en 58 avant
JC avec le début des conquêtes romaines menées par les troupes de Jules César.
Le Bugey connaît sous la période romaine un formidable essor,
comme en témoignent la densité des établissements gallo-romains ainsi que le remarquable
développement du réseau des routes romaines. Cela s'explique par la situation privilégiée du Bugey,
placé sur la route de l'Italie et par sa proximité avec Lyon, alors capitale des Gaules.
C'est également à cette époque qu'apparaît la ville de Belley,
probablement fondée au siècle d'Auguste. Les rapports commerciaux de Belley
avec la capitale des Gaules étaient alors facilités
par la double voie de communication qui reliait directement ces deux villes.
La voie d'eau d'abord, avec le Rhône, et la voie terrestre ensuite,
puisque la ville de Belley se situait sur la route romaine allant
de Lyon à Genève sur la rive droite du Rhône passant par Lagnieu,
Briord, Cordon, Belley et Seyssel.
Cette situation géographique préférentielle profita durablement au Bugey.

Lors de la dissolution de l'Empire romain, le Bugey voit ses vallées profondes servir
de passage aux Alamands et aux Burgondes. La présence chrétienne se concrétise sous les Burgondes,
puis les Francs, par la création de l'évêché de Belley au Ve ou au VIe siècle.
Un siècle plus tard, tombé au pouvoir des Francs,
le Bugey offre aux Sarrasins défaits par Charles Martel (734)
un asile dans ses montagnes. C'est à eux qu'on attribue
la paternité des suffixes de noms de village en "oz" et "az" (Culoz, Contrevoz, Ordonnaz...).
A l'administration stabilisatrice de Charlemagne succède
l'anarchie de la Lotharingie qui engendre rapidement la féodalité.

A partir du IXe siècle, le Bugey entre successivement
dans le second royaume de Bourgogne et le Saint Empire.
La féodalité, déjà bien constituée, va se renforcer et au XIIe siècle,
profitant de l'anarchie, seigneurs laïcs et ecclésiastiques prennent leur indépendance :
ainsi les évêques de Belley possèdent-ils maints territoires et villages.



Au XIIe siècle, le peuplement du territoire bugiste s'accélère
et la densité de population devient forte. De nombreux prieurés
sont créés, ainsi que de nombreux monastères,
comme l'abbaye de St Sulpice (1130), les Chartreuses de Portes (1115),
Arvières (1132), Pierre Châtel (1383)...

En 1077, le comte Amédée II de Maurienne avait reçu de l'empereur du Saint Empire, Henri IV,
la confirmation de ses droits sur la seigneurie du Bugey.
La maison de Savoie va donc habilement étendre
sa domination et acquérir la puissance qu'on lui connaît.
Après dix siècles de dévastation, le Bugey, annexé au comté de Savoie, jouit enfin d'un repos
inaccoutumé sous des princes modérés et bienveillants.
C'est ainsi que Belley et sa région furent entraînés dans l'orbite de la maison de Savoie,
où ils restèrent paisiblement (sauf courte invasion française de 1536 à 1559)
jusqu'au traité de Lyon en 1601 qui rendit le Bugey à la France.

 

"Belley au 16eme siecle"
       

 

Le XVIIe siècle est relativement difficile pour le Haut-Bugey
(affrontement entre Gris bugistes et Cuanais comtois)
et financièrement lourd pour toute la France qui supporte les fastes versaillais du Roi-Soleil...

Le XVIIIe siècle voit s'implanter les premières industries, principalement textile,
en Bugey. Dans les salons de Belley, on assiste à l'émergence des nouvelles idées,
celles des philosophes et des physiocrates. Aux premières heures de la Révolution,
l'avocat Jean-Anthelme Brillat-Savarin est député du Tiers Etat à l'Assemblée Constituante
où il représente la région de Belley. Il participe aux débats passionnés concernant
la création du département de l'Ain le 25 janvier 1790.
Il est aussi l'auteur de la Physiologie du goût !
Le Bugey sera secoué par la tempête révolutionnaire
qui n'épargne ni châteaux ni édifices religieux (Albitte).










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L'ordre napoléonien complète l'équipement administratif du département de l'Ain,
en faisant de Belley une sous-préfecture
le 17 février 1800. Après les guerres napoléoniennes,
auxquelles il paie un lourd tribut en hommes et en argent,
le Bugey profite un peu de la révolution agricole,
et surtout de la révolution industrielle qui va,
au XIXe siècle, transformer le visage de l'Europe.



 

 

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Beghelli luc 31/08/2015 23:24

Tres interessant
J en sais un peu plus sur notre departement
Lecture facile et tres bien expliquee
Merci a l auteur

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