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Cheignieu-la-Balme, le blog d'un Cheignieulat de coeur.

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Promouvoir le village de Cheignieu-la-Balme, la région du Bugey et le département de l'Ain. Je dédie ce site à mon épouse Sandrine et à mes enfants Alexis et Romain.


La fête au four banal de Cheignieu-la-Balme

Publié par cheignieulat avant tout

Catégories : #Cheignieu la balme

       
 
La fête au four banal de Cheignieu-la-Balme

   
La fête au four, un moment magique entre amis....






 
Les fêtes locales, se retrouver autour du four banal de Cheignieu 

                                                                                                                        
Dans le moindre hameau du Bugey se trouve un four banal, équipement collectif qui servait à cuire le pain, mais également à sécher la viande, à réchauffer les hommes en période de grand froid. Peu à peu, l’utilisation de cet outil s’est faite moins fréquente. Aujourd’hui, la fonction utilitaire du four a glissé vers un rôle plus social tout en prenant une dimension ludique évidente. Le four est devenu un point de ralliement lors des fêtes de village. Il est rallumé, on y cuit les spécialités, pain, tarte noix-oignons (sâlés), galettes. La convivialité bugiste s’exprime fortement à travers ces fêtes locales.

 


Quelques photos souvenirs........mai 2004.

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Michel, Christophe, Sébastien...Préparation du Pain

Je dédicace cet article à la mémoire de mon cousin, Michel C.

(Le four de cheignieu, autrefois....)

 

Traditionnellement bâti en pierre et couvert de lauzes, comme à Cheignieu, le four banal ressemble à une drôle de petite chapelle ... une cheminée en plus. Le four banal tire son nom d'une taxe médiévale perçue par le seigneur lors de son utilisation : la banalité. Le nombre de fours et leur taille variaient selon l'importance et la localisation de la population. Ainsi chaque hameau d'un même village pouvait avoir son propre four. Il permettait autrefois aux habitants de venir y cuire leur pain, élément indispensable à leur alimentation, mais aussi tout un tas d'autres produits.

Bien conservés en Bugey, ils appartiennent désormais la plupart du temps aux communes. Aujourd'hui en sommeil une grande partie de l'année, on les réveille successivement d'avril à septembre à l'occasion de ce que l'on appelle les "Fêtes du four". Ce sont des occasions uniques de retisser un lien social, parfois distendu, au sein d'une communauté d'habitants, de faire la fête d'une manière conviviale et gourmande autour des produits traditionnels du four.

 

Le four

Four Colomieu

 

Présents dans chaque village et dans presque chaque hameau, les fours à pain, construits en pierre et souvent coiffés de lauzes, constituent un élément majeur du patrimoine bugiste.

Bâtis en pierre du pays, le plus souvent voûtés, ces édifices rectangulaires sont recouverts de lauzes ou de tuiles écaillées. Le fournil abrite des banquettes en pierre ou de simples plateaux de bois utilisés pour le dépôt des panetons. La voûte maçonnée du fournil empêche le contact des braises avec la charpente. La "gueule" du four est obstruée par une porte métallique montée sur une coulisse horizontale.

 

Il existe, en Bugey, deux grands types de fours à pain (si on excepte les rares fours particuliers présents dans les fermes isolées). En Bas Bugey, le fournil, voûté en tuf, n’est pas fermé. De plus, cette façade ouverte est fréquemment surmontée, comme pour les habitations d’ailleurs, d’un escalier de dalles appelé pignon à redents ou à lauzes. Par contre, en Haut-Bugey, sur le plateau d’Hauteville-Brénod, le fournil appelé "chapelle" est fermé, pour isoler le four du froid, donnant ainsi à l’édifice l’apparence d’une maisonnette sans fenêtre.

         

Ces fours témoignent d’une tradition communautaire remontant au Moyen-Age. A cette époque, pour les utiliser, la communauté villageoise était dans l’obligation de payer une taxe appelée "banalités" à son seigneur qui avait construit le four à pain. En 1790, la gestion des fours est revenue aux municipalités. Les fours banaux devinrent communaux.

Les municipalités attachèrent toujours un grand intérêt aux fours. Au XIXe siècle, elles établirent même des règlements pour prévenir des incendies et des contestations. Souvent, des "rixes sérieuses" survenaient entre utilisateurs. Personne ne voulait chauffer le premier pour deux raisons : la trop grande quantité de bois à brûler et la difficulté à réaliser de bonnes premières fournées. Il était alors souvent exigé que chaque four n’aurait que deux ou trois fournées par jour. Tous ceux voulant cuire étaient obligés d’aller s’inscrire la veille, soit sur un panneau de bois placé à l’intérieur du four, soit auprès du dépositaire de la clef du four, qui leur délivrait un numéro. Quant aux incendies, ils étaient fréquents pour les habitations à proximité des fours car les toitures des fermes généralement en chaume ou en bardeaux étaient très inflammables. Les municipalités prirent donc des mesures de sécurité. Le feu ne devait être allumé qu’après le jour et éteint avant la nuit ; la braise et les cendres ne devaient être transportées que de jour dans des vases couverts.

 

A cette époque, le "four banal" appartient tantôt au seigneur qui peut contraindre le paysan à l'utiliser, contre la perception d'une taxe, tantôt aux villageois eux-mêmes qui en supportent alors l'entretien. Si rares sont aujourd'hui les familles à venir "réserver leur tour de chauffe", pour leur consommation personnelle, la cuisson artisanale du pain et des tartes de pays est désormais un pretexte à des fêtes estivales aussi authentiques que délicieuses.

Avec le développement des boulangeries et la diminution progressive du nombre d’agriculteurs au XXe siècle, l’utilisation des fours à pain se raréfia et aujourd’hui, ils ne servent plus que pour des fêtes de village organisées par les associations locales qui cuisent le pain mais le plus souvent, les traditionnelles "galettes au sucre" ou des tartes salées….

Four Colomieu 2


 

 

 

Je vous présente ici les salés aux noix et les galettes au sucre, mets typiques de nos "fêtes du four".  
 

Les salés aux noix du Bugey :


Ce " mets national du Bugey " écrivait Lucien TENDRET en 1892, est " un élément fort de convivialité et de sociabilité en Bugey ". Fabriqué la plupart du temps à l'occasion des fêtes du four, il se déguste accompagné d'un chardonnay frappé, en apéritif ou en plat principal. Les boulangers du Bugey en proposent également à la vente.
Sur une plaque de tôle destinée à recevoir les tartes, la pâte à pain est étalée.
Sur cette abaisse, on dispose un mélange d'oignons coupés en rondelle, de noix hachées, ou pilées, sel, poivre, le tout arrosé d'huiles de noix. Les ingrédients de ce mélange peuvent être brassés ensemble avant d'être déposés sur la pâte, lors d'une fabrication en grande quantité par exemple ; on peut aussi les disposer l'un après l'autre.
La cuisson dure environ 40 minutes à four chaud. Toutefois, ce temps peut varier si l'on utilise le four banal, les premières fournées cuisant bien plus vite que les dernières. On doit dans tout les cas faire en sorte de ne pas laisser la garniture sécher. Bien sûr, cette fabrication nécessite une bonne pratique de la pâte à pain, c'est-à-dire du pétrissage et de la cuisson.

 

Tarte salée aux noix sortant du four

 

 

 

 

 

 

 

 

La galette aux pralines :

- 180 g de pralines roses 

- 180 g de farine

- 1 cuillère à café de levure boulangère

- 20 g de sucre

- 1 pincée de sel

- 1 oeuf

- 60 ml de lait tiède (j'ai utilisé le reste de lait soja vanille, ça a fait l'affaire aussi)

- 50 g de beurre mou

- 10cl de crème fraîche

- Mélangez tout d'abord la farine + le sucre + la levure, puis rajoutez les oeufs battus avec le lait, le beurre et le sel. Pétrir 10 minutes. (robot ou avec vos mimines pour la séance de sport quotidienne).

La pâte doit être un peu collante.

- Laissez-la doubler de volume recouverte d'un linge dans un endroit chaud, ou au four à 35 °c (une petite heure c'est bien).

 

 

"Le sucre. On peut dire qu'il est le condiment universel et qu'il ne gâte rien."
Anthelme BRILLAT-SAVARIN

Une recette simple, mais terriblement efficace !

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Four de Meyrieu (classé en 1938)

Récemment mis à l’honneur dans le jeu télévisé la Carte aux Trésors, le four banal de Meyrieu est un modèle du genre en matière de patrimoine architectural bugiste. C'est sans le four banal le plus ancien de France.

Classé monument historique en 1938, ce four banal du Bugey est localisé dans le hameau de Meyrieux à Saint Germain-les-Paroisses. Les fours à pain du Bugey sont de petits édifices construits en pierres avec toit en lauzes et qui servaient autrefois à cuire pains et galettes. Tout village se devait d’avoir son four banal et les habitants venaient successivement prendre leur tour de chauffe après tirage au sort. Aujourd’hui, les fours à pains sont rallumés à l’occasion de fêtes populaires, pendant lesquelles dégustations et animations se mêlent dans une joyeuse convivialité.

 

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