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Cheignieu-la-Balme, le blog d'un Cheignieulat de coeur.

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Promouvoir le village de Cheignieu-la-Balme, la région du Bugey et le département de l'Ain. Je dédie ce site à mon épouse Sandrine et à mes enfants Alexis et Romain.


Le Château des Allymes

Publié par cheignieulat avant tout sur 15 Juin 2011, 12:52pm

Catégories : #Cheignieu la balme

Le Château des Allymes

   

Situation :

 

 

 

 

 

 

 

Il est installé sur un rocher ou « molard » à 650m de haut.


Vers 1310 est construit une bâtie en terre et en bois.
Puis en 1315 débute de la construction du château en pierre.

 

A-400.JPG

 



SOURCE / BUGEY HISTORIQUE

http://bugey-historique.blogspot.fr/2012/01/le-chateau-des-allymes-amberieu-en.html

Histoire :

Les régions d'Ambronnay, d'Ambérieu et de Lagnieu
possessions du dauphin de Vienne subissent
la menace du comte de Savoie possesseur de la Bresse
et de Revermont hélas isolées du comté.

Vers 1310, pour lutter contre l'influence savoyarde
et la bâtie de Luisandre, le Dauphin de Vienne
riposte par la construction de la bâtie des Allymes. Au début,
ces bâtisses sont principalement en terre et en bois. Une trêve conclue
entre les deux parties interdit de nouvelles constructions. Le non-respect
de cette trêve permet aux ennemis de construire
des châteaux en pierre. Les maîtres d'oeuvre
des Allymes sont deux maçons, Peronnet et Guillemet d'Hières.

 

 

 

La guerre delphino savoyarde interminable prend fin le 23 novembre 1335,
par la cession du château des Allymes, commandé par le châtelain
Guy de Lutrin au comte de Savoie, ratifié Le traité de paix définitif du 5 janvier 1335,
signé à Paris, entre le roi Jean le Bon,
son fils Charles, dauphin de Vienne et le comte Amédée VI de Savoie.

La frontière entre les deux belligérants est repoussée sur les bords du Rhône,
reléguant à l'intérieur des terres le château qui perd sa position stratégique.

 

 

chatindex2.jpg

 

 

Le comte de Savoie, Amédée VI remet le fief
à la famille Nicod François. La citadelle
passe ainsi dans le domaine privé.

La famille de Lucinge prend possession de la forteresse
le 16 septembre 1477 par le mariage
de Claudine François et d'Humbert de Lucinge.

En 1601, le traité de Lyon rattache la région à la France.
René de Lucinge prête serment au roi de France Henri IV.

 

 

Le château change plusieurs fois de propriétaires
dont les familles de Suduyraud,
Etienne, et Dujast possesseur au moment de la révolution.

Le château non entretenu subit des dégradations. Un descendant de Dujast,
Adolphe de Tricaud d'Ambérieu le restaure à partir de 1847 :
les courtines sont relevées et pourvues
d'un nouveau chemin de ronde, la tour ronde est recouverte.

 

 

E-400.JPG

 

En 1959 les de Tricaud vendent le château à monsieur Peyre, et ce dernier est
classé Monument historique en 1960. En 1964 une première tranche de travaux
restaure le donjon, et le logis gothique. En 1977 les travaux concernent
la toiture et la charpente de la tour ronde, en 1984 les quatre courtines,
et enfin en 1991 la barbacane de l'entrée principale retrouve son aspect d'origine.

Description : A l'origine citadelle militaire, il est constitué d'une seule partie.
De nos jours deux sont distinctes :






allymes-color254587.JPG

le château fort comprenant un donjon de style
roman relié à la tour ronde par quatre courtines,
un logis gothique, la barbacane élément
défensif de la porte d'entrée.



Les murs d'enceinte, dont le plus important -le grand Mur de fortification- terminé
par une tour ronde, est isolé du château par une brèche,
les autres murs réduits à l'état de ruines enferment une basse-cour. 

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Article tiré du blog "Bugey historique" que je vous conseille vivement :

http://bugey-historique.blogspot.fr/2012/01/le-chateau-des-allymes-amberieu-en.html

 

 

 

Le château des Allymes, seul exemple de forteresse médiévale du Bugey
 
 
 
Le territoire qui, entre la Bresse et le Bugey s’étendait du nord au sud, depuis le Jura actuel jusque sur les bords du Rhône, formait ce qu’on appelait la « Manche de Coligny » et appartenait aux seigneurs du même nom.

Petit à petit, cette seigneurie fut démembrée au gré des mariages.

En 1232, une grande partie fut apportée en dot par Béatrice de Coligny à son mari Albert de la Tour du Pin.
La Marche de Coligny comprenait à la fois le Revermont et les régions d’Ambronay, d’Ambérieu et de Lagnieu, jusqu’au Rhône où se trouvait la pierre de Coligny.

Puis cet ensemble passa à Humbert de la Tour du Pin, frère d’Albert, avant de passer au Dauphin de Viennois, (sauf le Revermont qui fut acquis en 1289 par le comte de Savoie).
Ainsi la Bresse (acquise en 1272 par le mariage d’Amédée V avec Sybille de Bâgé) et le Revermont, étaient devenues possessions savoyardes.

Ces terres étaient cependant isolées des autres terres du Comté :
- sur la rive gauche de l’Ain (de Thoirette à Poncin et Cerdon) par les terres du seigneur de Thoire-Villars
- au sud par Ambronay et Ambérieu, possessions dauphinoises.

La Savoie devait donc acquérir un passage sûr pour accéder à la Bresse et au Revermont.

Or, entre le molard de Luisandre, situé à l’extrémité nord-ouest de la terre de Saint-Rambert (savoyarde depuis 1196), et le sud de la région Bresse-Revermont, à Pont-d’Ain, il n’y avait qu’une dizaine de kilomètres et une seule paroisse : Ambronay.
L’abbé d’Ambronay avait placé son abbaye sous la protection savoyarde en 1282 ce qui permis, en 1285, de rattacher la Bresse au reste du Comté, mais du même coup il avait trahi la cause du clan dauphinois.

En effet, en perdant la région d’Ambronay, le Dauphin se trouvait désormais séparé de ses alliés réels ou potentiels : les sires de Chalon ou les comtes de Genève (établis à Varey depuis 1240).
Quant au sire de Thoire-Villars il voyait désormais ses terres de Dombes (Villars) de ses terres de la Montagne séparées.

 
La guerre éclata dès 1283.
En 1290, le dauphin pris Ambronay que le comte de Savoie fit ravager et incendier par ses hommes qui brûlèrent aussi Varey.

De nombreuses constructions militaires virent le jour aux alentours.

En mai 1299, le comte craignant une attaque contre son pont sur l’Ain (Pont-d’Ain) renforça la garnison d’Ambronay et commença à fortifier Pont-d’Ain ou il construisit une ville nouvelle.

Le comte devait lutter :
-au nord et à l’est, contre Jean de Chalon et contre le sire de Thoire-Villars.
- au sud contre le dauphin,
- et au sud-est contre l’archevêque de Lyon, Louis de Villars, qui envoya des troupes sur Richemont et sur Ambronay.

 
La région de Luisandre se trouvait aux confins des terres de Saint-Rambert (Savoyarde) et des terres de Saint-germain (Dauphinoise) or c’était la voie de passage la plus courte pour aller de la cluse de Saint-Rambert et de la Savoie à Ambronay et de là à Pont-d’Ain et en Bresse.

Le comte de Savoie décida de fortifier le sommet du Molard de Luisandre (la bâtie de Luisandre) qui dominait toute la vallée à 804m d’altitude.

 
Aux alentours de 1310, afin de s’opposer à la bâtie de Luisandre du comte de Savoie, le Dauphin il en fit construire une le plus près possible (à 800m à vol d’oiseau) : la bâtie des Allymes, sur un mollard moins élevé.

       
 
La construction fut très difficile.
Un rassemblement d’une semaine eut lieu en juin 1312, pour lutter contre l’édification des Allymes et en faire le siège.
A la fin de l’année 1312, quatre clients de la châtellenie de Saint-Rambert mirent le feu aux maisons d’habitation (loges) de la bâtie des Allymes pendant que des troupes savoyardes tentèrent de pénétrer dans la ville d’Ambérieu.
Lorsque les deux bâties furent édifiées, une trêve fut conclue entre les ennemis.
Les 2 camps s’engageaient à ne pas faire de nouvelles constructions aux bâties, constructions faites principalement de terre et de bois.

La trêve de 1313 fut vite violée.

 
Les adversaires transformèrent chacun leur bâtie en un château de pierre (1315-1320) afin d’assurer une meilleure défense de leur frontière.

Les maîtres d’œuvre des Allymes sont deux maçons, Perronnet et Guillemet d’Hières.
En septembre 1321, le château avait son aspect définitif.
       
 
Le château des Allymes avait un rôle stratégique car situé en bordure de la plaine d’Ambronay, secteur le plus disputé en raison de son importance stratégique et politique.
Au nord du château on avait édifié une sorte de basse-cour ou « récept » (receptum) destiné à abriter une petite population que l’on faisait venir pour occuper en quelque sorte le pays, ou qui venait se réfugier là en temps de troubles.

Il était protégé, à l’est, par une courtine qui prenait appui sur la tour ronde du château (on redoutait une attaque de Luisandre) et, au nord, sur une autre tour ronde en partie conservée.
Les autres côtés étaient bien moins défendus.

Des bourgs étaient construits à la même époque auprès de la plupart des châteaux : Pont-d’Ain, Ambérieu, Saint-Rambert et Luisandre (habité au moins jusqu’au XVIe s).

En 1321, le comte de Savoie s’empara de la principale place forte dauphinoise de la région : Saint-Germain, et prit d’assaut la ville d’Ambérieu.

Les Allymes étaient désormais un des derniers bastions dauphinois sur la rive droite de l’Albarine, au milieu des terres savoyardes.
En 1333, le Dauphin Guigue mourut accidentellement devant le château de La Perrière.

Grâce à l’intervention du roi de France, un traité, signé à Lyon le 7 mars 1335, mit fin à la guerre delphino-savoyarde.
Le châtelain Guy de Lutrin remit le Château des Allymes au comte de Savoie le 23 novembre 1335.
Cependant, l’insécurité restait grande en raison de la présence des dauphinois sur la rive gauche de l’Albarine et de la menace éventuelle du comte de Genève et du sire de Thoire établis à Varey et à Poncin.
Les contestations sur les frontières de l’Albarine restaient très vives.

Un traité de paix définitif fut signé à Paris le 5 janvier 1355 par le roi Jean le Bon et son fils Charles, Dauphin de Viennois depuis 1349, et par Amédée VI de Savoie.

La frontière delphino-savoyarde était repoussée sur les bords du Rhône.
Par conséquent, le château des Allymes se trouvait maintenant relégué dans la montagne, loin de la frontière, perdant ainsi tout intérêt stratégique.
De 1354 à 1477, le château appartint à la famille François
Afin d’éviter une charge financière supplémentaire, le comte de Savoie, Amédée VI, le remit en fief, avec tous les droits de justice sur les alentours, à l’un de ses vassaux, Nicod François, dès juillet 1354, quelques mois avant le traité de paix.
Dès lors le château et sa seigneurie relevèrent du domaine privé.
Nicod François mourut peu avant 1379.
Son arrière-petit-fils, Amédée, seigneur des Allymes et de Montverd, épousa Louise de Marsey, dont il n’eut qu’une fille, Claudine.
Cette dernière épousa Humbert de Lucinge en 1477.

La famille de Lucinge

Humbert fut ambassadeur de Savoie en France en 1478.
Son fils Bertrand de Lucinge, fut conseiller du duc de Savoie.
Son petit-fils, Charles de Lucinge, fut un personnage atypique qui aurait fait tuer les amants de sa femme, Péronne de Beauvoir, de même que l'un de ses serviteurs, ainsi que d'avoir transformé les Allymes en un repaire de bandits pillant et rançonnant les habitants des alentours.
Charles et sa seconde femme Anne de Lyobard eurent pour fils, René de Lucinge, écrivain et ambassadeur du duc de Savoie.

Le 17 janvier 1601, le traité de Lyon fut signé, rattachant les pays de Bresse, Bugey et de Gex à la France.
Le duc de Savoie, Charles -Emmanuel, reprocha à son ambassadeur, René de Lucinge, de n'avoir pas assez défendu sa cause lors des négociations.
René se retira donc dans son château des Allymes, désormais en terre Française, et prêta hommage au roi Henri IV, dès le mois de décembre 1601.

Mais le duc le somma de rentrer en Savoie, de se "mettre à la merci de sa justice", de lui rendre les archives qu'il pouvait détenir de ses précédentes missions, et de lui prêter hommage pour ses terres du Faucigny.
René de Lucinge refusa et préféra abandonner ses terres savoyardes.

 
A cette époque, le château des Allymes est suffisamment important pour abriter le seigneur, sa famille, les gentilshommes et les serviteurs et possède même une chapelle.
René de Lucinge avait acquis également le château de Luisandre.

Les deux châteaux passèrent à la famille de Suduyraud puis en à Jacques Estienne, écuyer de Lyon, qui mourut vers 1743.
Les seigneuries passèrent ensuite à Dominique Dujast, à sa veuve Marie-Anne Bottu de Saint-Fonds en 1747, à sa fille Lucrèce d'Areste d'Albonne, puis en 1765 à son mari, Pierre Dujast d'Ambérieu, écuyer, demeurant à Lyon.
Après la Révolution Pierre Dujast fut réintégré dans ses biens et mourut en 1821, à 82 ans.
Le château se trouvait alors dans un état de délabrement assez avancé.

 
A la mort d'Abraham Dujast, fils de Pierre, en 1847, le château ainsi que ses autres biens passèrent à son neveu Adolphe de Tricaud d'Ambérieu, qui entreprit la restauration des Allymes.

Les courtines furent relevées et pourvues d'un nouveau chemin de ronde.
Il fit couvrir la tour ronde, et aménager un musée rassemblant des armures, des meubles et des ustensiles du Moyen Age.

 
La famille de Tricaud vendit le château en 1959 à Monsieur Peyre, qui signa une convention avec la nouvelle association des Amis du château des Allymes, fondée en 1960 pour la mise en valeur du site.


Le château des Allymes depuis 1960 :

20 juillet 1960 : classement au titre des Monuments Historiques.
1964 : restauration du donjon et du logis gothique avec aménagement de 6 salles pour les expositions.

21 août 1967 : inscription des ruines de l'enceinte extérieure à l'Inventaire supplémentaire

1977 : restauration de la toiture et de la charpente de la Tour ronde.

En 1984 acquisition du château par la commune d'Ambérieu.

 
1990 : couverture des quatre courtines et de la grange et pose de glaces pour fermer les ouvertures.

1991 : rétablissement de la barbacane de l'entrée principale dans son aspect d'origine, et consolidation du grand mur de la basse-cour, avec sa tour.
Eclairage extérieur et mise en valeur des abords par l’aménagement de sentiers de découverte de la faune et de la flore locales par l’ONF.
 
L’Association des amis du château des Allymes organise régulièrement des expositions, des concerts, et des spectacles et permit la visite de ce monument.
       
Source : Paul CATTIN, monographie Château des Allymes, 1991
 
 
Description actuelle

Grand mur de fortifications long de 90m terminé par une tour de guet préservant jadis le bourg adossé à ses murailles.

 
Donjon du XIVe siècle de type roman et tour circulaire réunis par quatre courtines.
 
Logis du XVIe siècle, accolé au donjon, de style gothique comportant un escalier en vis desservant les étages.
 
À l'intérieur : habitat de type gothique adossé au donjon aux belles salles avec charpentes bien conservées, barbacane (rempart avancé) qui commandait
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Château des Allymes

Construit au début du XIVème siècle sur les premiers contreforts des monts du Bugey par le Dauphin de Vienne au temps de la guerre contre le comte de Savoie (1272-1355), le château des Allymes a gardé jusqu’à nos jours la pureté de son architecture militaire conçue pour la défense du territoire au Moyen-Age. Le château des Allymes se compose de deux parties, la haute cour formée par les quatre courtines reliant la tour carrée (donjon) à la tour ronde (tour de guet) et la basse cour dont il subsiste le grand mur de fortification et une petite tour de guet, ruinés. Classé monument historique en 1960, le château des Allymes est sauvé de la ruine et ouvert au public depuis 1966. Animé par l’association des Amis du château des Allymes, il accueille depuis lors expositions, concerts, conférences… il est propriété de la Ville d’Ambérieu depuis 1984. Pour le cinquantenaire du classement du château, une nouvelle salle d’exposition permanente et meublée consacrée à René de Lucinge (1553-1624), seigneur des Allymes et artisan du rattachement des pays de l’Ain à la France en 1601, sera accessible aux visiteurs dès le mois d’octobre 2010.

   
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René de Lucinge est le cinquième enfant de Charles de Lucinge, qu'il eut de son second mariage avec Anne de Lyobard en 1553 [1]. Il vint au monde à Bonneville, au sud-est de Genève, capitale de la principauté des Faucigny. René de Lucinge est issu de famille noble. Guichenon ne commence la filiation de cette famille chevaleresque qu’à Jean de Lucinge, neveu de Chanoine de Lyon, en 1400. C'est au Château des Allymes, donc dans le Bugey qu'il grandira. L'histoire des Lucinge est d’ailleurs intimement liée à l’histoire de ce Château. Humbert de Lucinge ayant épousé, le 8 mai 1477, Claude ou Claudine François, dame des Allymes, fille d’Aymé François, seigneur des Allymes et de Montverd, s’établit en Bugey, où sa postérité se continua dans les seigneurs de la Motte, du Guy et des Allymes, Vicomte de Lompnès [2] .

 

Son attachement à ce lieu, dont il deviendra le seigneur est profond et réel. En effet, il était en 1609, seigneur de la Motte, près de Cuisiat, des Alymes, des Marches, de Luysandre et vicomte de Lompnès[3] . C’est dans ce château qu’il terminera sa vie, désormais français tout comme lui [4] .

 

Lucinge quitte ces terres du Bugey en 1572, pour faire ses premières armes, sous les ordres d'un jeune commandant, alors âgé de seize ans, le duc Charles de Mayenne. Il doit alors, abandonner momentanément ses études de droit à l’Université de Toulouse, pour aller combattre les Turcs, battus, l'année précédente à Lépante. Le jeune René de Lucinge, au milieu d'une troupe de trois cents cavaliers français, traversa l'Europe de l'Est jusqu'en Hongrie pour aller contrer les Turcs dans une entreprise qui ne connut pas grand succès.

 

De retour au Château des Allymes, en 1574, René de Lucinge se maria avec Françoise, héritière de Montrosat et reprit alors ses études. Au cours de cette même année, il fut envoyé à Venise, avec une importante délégation savoyarde, afin d'escorter le futur roi Henri III jusqu'à Turin.

 

En 1576, Lucinge termine ses études de droit dans la prestigieuse université de Toulouse et, le 15 janvier, reçoit « le bonnet doctoral »[5]. Lucinge vient bien sûr d'acquérir dans la capitale des Comtes de Toulouse les rudiments de la science du droit, mais il y a aussi trouvé un milieu intellectuel qui a favorisé ses goûts et lui a donné bien des ouvertures sur le monde d’alors. Au cours de l'année 1580, Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, meurt à l'âge de 52 ans. Son fils Charles-Emmanuel Ier, âgé de 18 ans seulement lui succéde. René de Lucinge devient alors son plus fidèle serviteur.

 

Très vite, Lucinge fut chargé de missions importantes et, en 1585, Charles-Emmanuel le gratifia de toute sa reconnaissance en lui confiant un rôle des plus sensibles, ambassadeur savoyard auprès du Roi de France, Henri III. Lucinge remplit ses fonctions durant quatre années de 1585 à 1588. A la mort d’Henri III, en 1589, Lucinge demande à être relevé de ses fonctions d’ambassadeur et rejoint les armées savoyardes. Mais une suite de revers militaires l’engagent à quitter définitivement ce genre d’activité. Revenu dans son château des Allymes, accusé par ses ennemis intimes parmi les savoyards, il répond avec une dignité qui le montre accablé des dettes accumulées durant son ambassade à Paris, fonction aussi prestigieuse que mal rémunérée... et faisant face à ceux qui veulent le desservir auprès du duc.Image

 

Mais en 1593, René de Lucinge a retrouvé toute sa fougue littéraire, son mordant : il rédige le Dialogue du François et du Savoysien, forme peu pratiquée et où il a excellé en présentant les deux antagonistes, chacun défendant la politique de son pays, comme deux complices, dont les discours sont bien tenus en main par celui qui les écoute sans jamais intervenir lui-même, René de Lucinge.

 

 Une première tentative de paix entre la France et la Savoie a lieu lors du traité de Vervins, signé entre les Rois de France et d'Espagne, le 22 mai 1598, dans des termes tout aussitôt dénoncés par Charles Emmanuel. René de Lucinge se trouve auprès du duc, lorsqu'il est reçu avec confiance et ouverture par Henri IV, à Paris, mais Charles Emmanuel refuse d’appliquer les conditions du traité. Henri IV lui déclare alors la guerre et envahit la Savoie, le 11 avril 1600. Le Pape intervient et délègue en toute hâte son neveu, le Cardinal Aldobrandini, à Lyon, où le roi de France épouse Marie de Médicis. Le Duché étant pressé de toutes parts par les armées royales, le traité de Paix est signé le 17 janvier 1601 entre la France et la Savoie, par les envoyés d’Henri IV d'une part et René de Lucinge, d'autre part, au nom du Duc de Savoie.

 

C’est la disgrâce définitive pour René de Lucinge. Celui que Charles Emmanuel qualifiait avec amertume de «bonne plume», lui reprochant précisément sa faculté de juger d’avance les événements, et de les exprimer parfaitement, se retire aux Allymes, en terre de France. A cette France, il apporte son œuvre littéraire.

 

Aujourd’hui il apparaît encore toujours comme un témoin, sans âge, dressé au carrefour des siècles, nous invitant à nous souvenir des événements qui firent notre histoire, et celle du château des Allymes.

 

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Les Allymes

Retranscriptions d'un article de Paul Cattin paru dans Lyon Découverte de 2003 "Spécial Châteaux" (Propos recueillis par Sandra Moisson) et d'écrits recueillis lors de la visite du château qui vous donneront une bonne idée de l'histoire de la région.

A noter des infos très intéressantes sur d'autres sites de la région à découvrir et visiter.


"Entre Dauphinois et Savoyards

 

Les seigneurs du Dauphiné et les comtes de Savoie se sont longtemps disputé le Bugey, qui sera finalement intégré à la Savoie de 1355 à 1601. Avant d'être rattaché au royaume de France. Une histoire qui a laissé des traces, notamment dans la région d'Ambronay, entre Pont d'Ain et Ambérieu-en-Bugey, qui sera marquée par les guerres et où seront construits un grand nombre de châteaux fortifiés et de bâtisses militaires au début du XIVe siècle. Le plus célèbre : le château des Allymes, un véritable symbole de cette époque. Interview de Paul Cattin, directeur des archives départementales de l'Ain.

Paul Cattin: Au début du XIIIe siècle, les comtes de Savoie occupent la région de Belley et du Valromey dans le Bugey. Puis ils prennent possession de la Bresse, par mariage en 1272, ainsi que du Revermont, la partie montagneuse de la Bresse, à l'ouest de la rivière d'Ain, qu'ils achètent en 1289. À la fin du XIIIe siècle, ce vaste ensemble dénommé "en deçà des monts" représente un des territoires les plus riches possédé par la Savoie. D'ailleurs, les comtes de Savoie, qui aimaient beaucoup la Bresse, passaient beaucoup de temps notamment à Bourg mais surtout à Pont d'Ain, où ils avaient un château sur les bords de l'Ain. Mais ce territoire est isolé des autres terres du comté de Savoie par la plaine d'Ambronay, entre Pont d'Ain et Ambérieu-en-Bugey, dont le château de Saint-Germain appartenait aux dauphinois. Du coup, cette voie de passage, qui permettait aux comtes de Savoie d'aller de Chambéry à Belley ou à Bourg, était très convoitée.

Qui d’autre s’intéresse à ce territoire?

Le Dauphin de Viennois qui possède toute la rive droite du Rhône jusqu’à Lyon, c'est-à-dire presque tout le sud de l'actuel département de l'Ain. Et il s'allie au puissant seigneur de Thoire-Villars, qui lui aussi a besoin de cette passe pour joind­re ses deux possessions : une partie de la Dombes et le nord du Bugey, c'est-à-dire la région de Nantua, Montréal, Oyonnax... Bref, ce terri­toire est stratégique car la région d'Ambronay située entre Pont d'Ain et Ambérieu est vitale à l'un comme à l'autre, puisqu'elle leur permet de se rendre d'une partie de leur terri­toire à l'autre. Dès lors, savoyards et dauphinois vont se livrer bataille pour conquérir cette zone.

Comment démarre ce conflit entre savoyards et dauphinois ?

Les deux camps commencent par amasser leurs garnisons dans cette région et ils bâtissent des forteresses militaires. Entre 1290 et 1350, les Savoyards et les Dauphinois fortifient presque tous les châteaux déjà existants et en construisent une quinzaine de nouveaux. En fait, dès que l'un d'eux fortifie ou bâtit un château, l'autre réplique immédiatement en faisant la même chose. L'exemple est significatif près de Saint-Rambert-en-Bugey. Vers 1310, le comte de Savoie fait construire le château de Luisandre. Le Dauphin tente d'abord d'intimider les ouvriers, puis il construit lui aussi un château le plus près possible de son adversaire, à 800 m à vol d'oiseau: le château des Allymes.

A quoi ressemblent ces châteaux ?

A l'époque il ne s'agit pas encore de vrais châteaux mais de bâties, c'est-à-dire des forts en terre et en bois entourés de fossés et de palissades. Mais rapidement, voyant que la guerre allait durer, et pour mieux protéger leurs frontières, les adversaires transforment leurs bâties en châteaux de pierre. C'est le cas notamment pour les bâties de Luisandre et des Allymes. À partir de 1315, ce sont de vrais châteaux de pierre.

Comment se termine cette guerre?

Au terme d'une série d'opérations militaires, plusieurs traités, dont celui de Paris signé en 1355, met­tent définitivement un terme à cette guerre dauphino-savoyarde et accorde ce territoire au comte de Savoie. Sur le terrain, ce traité a une portée capitale car il repousse les Dauphinois sur les bords du Rhône, en laissant le champ libre aux Savoyards qui désormais contrôlent tout le département de l'Ain tel qu'il est défini aujourd'hui.

Que deviennent ces châteaux ?

Ils perdent tout intérêt stratégique et deviennent une charge financière inutile pour les Savoyards. Du coup, le comte Amédée VI les donne en fiefs à ses vassaux ou à des nobles qui les utilisent comme résidences. C'est le cas du château des Allymes dès 1354.

La région devient alors plus calme?

Oui, mais ça ne va pas durer car les comtes de Savoie devenus ducs de Savoie, vont faire reparler d'eux à la fin du XVIe siècle au moment de la succession pour le trône de France, après la mort de Henri III. Le duc Charles-Emmanuel de Savoie revendique en effet le titre de roi de France en tant que petit-fils de François Ier. Puis il s'allie avec l'Espagne contre Henri IV, qui est alors protestant. Il va même jusqu’à envahir le Marquisat de Saluces dans le Piémont italien, une terre annexée à la France par Henri II depuis 1548. Les représailles sont immédiates puisque Henri IV envoie le maréchal de Biron et ses troupes envahir la Bresse et le Bugey. La région est à nouveau en guerre.

Le Duc de Savoie récupère ses châteaux pour se défendre ?

Non. En fait, les châteaux du XIVe siècle n'ont plus beaucoup d'intérêt car ils ne permettent pas de se défendre contre les assauts fran­çais. Du coup, les ducs de Savoie se lancent dans une nouvelle campagne de constructions militaires, adaptées à résister à l'artillerie de cette époque. Le meilleur exemple, c'est la citadelle de Bourg-en-Bresse, une des plus puissantes d'Europe qui a été construite à l'entrée de la ville par le père de Charles-Emmanuel de Savoie. Son siège par les troupes de Biron a duré plus d'un an et elle ne s'est rendue qu'après le traité de Lyon.

Comment prend fin cette nouvelle guerre ?

A partir de 1598, le duc de Savoie, qui est privé de l'appui de l'Espagne, est rapidement battu militairement. Et le traité de Lyon, signé le 17 janvier 1601, met alors fin aux ambitions savoyardes. Les pays de Bresse, du Bugey et de Gex sont rattachés à la France. Et c'est avec ce rattachement qu'émerge le département de l'Ain.

Les châteaux qu'on voir encore aujourd'hui ?

Le château des Allymes, qui a été racheté par la ville d'Ambérieu et qui est un témoin des guerres dauphino-savoyardes. Mais c'est aussi le symbole du rattachement de la Bresse et du Bugey à la France, puisque c'est dans ce château que vivait René de Lucinge, seigneur des Allymes, qui était aussi un écrivain et un véritable humaniste. C'est lui qui, en tant qu'ambassadeur du duc de Savoie, a négocié le traité de Lyon.

L’interêt de visiter le château des Allymes?

C'est un véritable château fort, très austère, avec une architecture mili­taire très typique. Le château comprend un donjon et une tour ronde reliés par quatre courtines formant à l'intérieur un quadrilatère presque parfait d'une trentaine de mètres de côté. Un logis gothique s'adosse au donjon et une barbacane défend l'entrée principale. Le tout dans un très beau site avec une très belle vue sur toute la plaine de la Bombes et la Bresse. Il faut dire que des travaux importants ont été réalisés par les Monuments historiques, le Conseil général de l'Ain et la commune d'Ambérieu, avec la restauration du donjon et du logis gothique, soit six salles aménagées pour des expositions, ainsi que la restauration de la toiture et de la charpente de la tour ronde. De plus, l'Office national des forêts n mis en valeur les abords du château en aménageant des sentiers pour découvrir la faune et la flore de la région.

D’autres châteaux à voir?

Pour la période du Moyen Age, on peut se balader dans la région en s'arrêtant sur les sites historiques de la tour de Saint-Denis-en-Bugey, où il y a également une très belle vue, mais aussi sur les ruines du château de Saint-Germain d'Ambérieu. Pour réaliser ce qu'était une bâtie, on peut se rendre à la bâtie de Gironville, qui a fait l'objet de fouilles et dont il reste le tertre et les fossés. Autres témoins de cette époque: le grand pan de mur du château Gaillard entre Ambérieu et la rivière d'Ain, et les deux grosses tours de l'abbaye d'Ambronay. Mais aussi le château de Varey, au nord-est d'Ambronay, qui a été reconstruit au XIXe siècle et qui a très belle allure. À Pont d'Ain, on peut voir également le château qui surplombe la ville, qui était la propriété du diocèse mais qui est actuellement en vente. C'était un château important pour les comtes de Savoie qui s'en servaient comme étape et lieu de chasse. C'est d'ailleurs dans ce château qu'est née Louise de Savoie, la mère de François I", ainsi que plusieurs princes de Savoie.

Un château plus récent à visiter?

Il y a le château de Dortan à 6 kilo­mètres d'Oyonnax, à la frontière du Jura. C'est un château du XIIe siècle qui a été remanié à plusieurs repri­ses jusqu'au XIXe siècle. Mais à la fin de la guerre, ce château qui servait de refuge aux résistants a été le témoin d'un véritable drame. Les troupes allemandes ont organisé une opération punitive contre le village le 12 juillet 1944. Après avoir pillé Dortan, ils ont fusillé sept per­sonnes dont une femme et le curé du village, avant d'exécuter le len­demain trois habitants d'Oyonnax dont un adolescent de 15 ans. De plus, des femmes ont été violées... Et les 20 et 21 juillet, 16 hommes sont arrêtés et torturés à mort dans le parc du château. Puis le 22 juillet, les Allemands rassemblent la popu­lation au château et incendient le village. Mais le château, lui, est épargné, le commandant estimant dans un décret que ce monument a "une valeur culturelle considérable".

L’intérêt de ce château ?

L'ensemble de la propriété, qui est entourée d'un mur de sept kilomètres, est classé avec un très beau parc à l'anglaise, une rivière et des cascades, ainsi qu'une forêt. Le bâtiment, lui, date du Moyen Age, avec une partie Renaissance et une chapelle qui date du XIXe siècle réalisée au sommet du donjon par Sainte-Marie Perrins, qui était le bras droit de Pierre Bossan, l'architecte de la Basilique de Fourvière. Aujourd'hui, c'est le propriétaire, Marius Rollet, qui rénove ce château depuis 30 ans et qui fait lui même visiter les lieux. Dans un couloir qui mène aux chambres, on peut voir des peintures au-dessus des linteaux qui avaient pour but, dit-on, d'effrayer les jeunes filles qui auraient pu avoir la tentation de se promener au clair de lune. Ce qui est assez amusant.

Les autres châteaux de la région ?

Il y a le château de Montferrand à Lagnieu qui date du XVe siècle et qui est en cours de rénovation, mais aussi le château de Chazay-sur-Ain qui est le siège du syndicat de la plaine de l'Ain. C'est un joli château du Moyen Age qui est situé au confluent de l'Ain et du Rhône. Avec un parc et une partie médié­vale. Il y a aussi le château de Loriol, en Bresse, sur la route de Bourg à Maçon ou le château de Varambon à 3 kilomètres de Pont d'Ain, qui appartient à la famille de Boissieu, le gendre du général de Gaulle. Mais le seul moyen de visi­ter ces châteaux privés, c'est d'es­sayer de profiter de la journée des monuments historiques en septem­bre. En revanche, si on a un peu plus de temps, il faut absolument aller jusqu'à Ferney-Voltaire à la frontière Suisse, pour visiter le châ­teau que s'est fait construire Voltaire au milieu du XVIIIe siècle et qui a un très beau parc, mais aussi une très belle vue sur le Mont-Blanc."

 

Ecrits recueillis lors de la visite du château

Perchée sur un bloc rocheux des derniers contreforts du Jura, la forteresse des Allymes est née vers 1315/132O des rivalités entre Dauphinois et Savoyards. L'évolution de notre région est semblable aux autres régions de notre territoire. Ce fut la Gaule, l'époque romaine et son déclin, puis les invasions dites barbares avant que les états féodaux ne se constituent.

Après le partage de l'empire de Charlemagne en 843, le département de l'Ain se trouva rattaché soit à la Bourgogne soit à l'Empire germanique selon les époques. Ce seront mille ans d'époque féodale.

Chaque Prince, comte, évêque, gère son état en pleine indépendance. Dès le XIIe siècle, nous sommes en terre Dauphinoise, et le seigneur est le Dauphin en hostilité depuis longtemps avec son voisin le Comte de Savoie.

Les forteresses militaires en pierre qui remplacent les bâties de terre et bois, trouvent leur nécessité de surveillance des territoires par une situation stratégique en hauteur, près des limites des états.

En 1335, le château des Allymes conquis par le Comte de Savoie devient donc Savoyard.

A partir de 1355, la forteresse perd sa fonction militaire pour devenir lieu de résidence de Nicod FRANÇOIS qui l'a reçu en fief du Comte de Savoie.

De 1536 à 1559, François 1er envahit toutes les possessions savoyardes. Le Bugey revient dans le giron de la Savoie avec le traité de Cateau-Cambrésis qui met fin à la période française.

Les « grignotages » des états entre la Savoie et son voisin la France, depuis la vente du Dauphiné à cette dernière, ne cessent.

Il faudra attendre le 17 janvier 1601 et la signature de « la Paix de Lyon » pour que les territoires qui constitueront le futur département de l'Ain, Bresse, Bugey, Pays de Gex et Revermont soient rattachés à la France.

Ce traité de paix signé entre le roi Henri IV pour la France et Charles-Emmanuel de Savoie, est négocié entre ambassadeurs déterminés. L'un d'eux, René de Lucinge, propriétaire habitant le château des Allymes, oeuvre pour le compte de la Savoie. Il a argumenté pour une paix salutaire et pour l'intérêt de son prince, sachant que la sagesse était de céder à la France les territoires conquis quelques siècles auparavant pour, disait-il, « carrer son pré ». C'était aussi l’intérêt du roi de France.

Du début du XVIIe siècle à nos jours la forteresse a plusieurs propriétaires par ventes, successions ou mariages.

Au milieu du XIXe siècle, c'est la famille de Tricaud qui devient maître des lieux. Alors des travaux importants de restauration sont entrepris par les nouveaux propriétaires.

La Ville d'Ambérieu en fait l'acquisition en 1984.

Depuis 1960 l’association « Les Amis du Château des Allymes et de René de Lucinge » est chargée de la sauvegarde et de la mise en valeur du Monument Historique (classé en 1960).

 
 

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