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Cheignieu-la-Balme, le blog d'un Cheignieulat de coeur.

Cheignieu-la-Balme, le blog d'un Cheignieulat de coeur.

Promouvoir le village de Cheignieu-la-Balme, la région du Bugey et le département de l'Ain. Je dédie ce site à mon épouse Sandrine et à mes enfants Alexis et Romain.


Légendes de l'Ain et du Bugey

Publié par cheignieulat avant tout sur 11 Mars 2012, 11:48am

Catégories : #Cheignieu la balme

   

 

 

 

La cloche du Lac de Bart

Selon une vieille tradition, un village occupait jadis l’emplacement du lac de Bart, où venaient naguère s’ébattre les baigneurs, l’été, et que recouvre aujourd’hui le canal de dérivation du Rhône. Et ç’aurait été en souvenir de cet engloutissement que ses eaux apparaissaient souvent ternes et de couleur ardoise, tandis que son voisin, le lac de Barterand, étale encore des flots d’un joli bleu.

Mais comment se forma le lac de Bart ? Quand les farouches Sarrasins envahirent le Bugey, les habitants du village aujourd’hui disparu, et dont il ne semble pas qu’on ait retenu le nom, se réfugièrent dans leur église, qu’ils considéraient comme inviolable. Les pauvres gens auraient mieux fait de gagner les sapinières, car les Sarrasins se moquaient bien des lois de l’Eglise. Aussi, pris comme dans une souricière, hommes, femmes et enfants furent-ils massacrés jusqu’au dernier. Dieu, dit-on, vengea aussitôt cette odieuse et terrible tuerie: la terre s’entrouvrit, s’affaissa soudain, et tout disparut dans un gouffre, les morts comme les vivants, les maisons et l’église. Dommage que Dieu ait omis de faire la même chose, en 1944, dans un certain village du Limousin.  

Cette légende était presque totalement oubliée, et l’on attribuait peut-être le son du tocsin, que l’on entendait parfois, au choc furieux de l’onde contre quelque roche sonore, ou encore à la voix de l’écho répétant la clameur des vagues agitées par la tempête, lorsque, au cours d’un été particulièrement torride et sec, un pêcheur de Parves accrocha par accident son filet dans les eaux du lac à moitié desséché. Il eut beau tirer de toutes ses forces, au risque de rompre quelques mailles, le filet tenait bon. Il voulut alors se servir d’un harpon, et c’est en se penchant sur le bord de sa barque, qu’il aperçut la pointe d’un clocher, et son filet accroché au bras de la croix, d’une croix de fer qui, bien que dans l’eau depuis de nombreux siècles, avait résisté aux attaques de la rouille.

La nouvelle de cette découverte incroyable amena une foule de gens autour du lac. De hardis plongeurs pénétrèrent dans le clocher submergé et y trouvèrent la fameuse cloche, dont le son, certains jours, intriguait tant ceux qui l’entendaient. Et puisque la découverte avait pour auteur un homme de Parves, on décida que la cloche appartiendrait à cette paroisse. Cela tombait bien : l’église du village n’en possédait aucune. On pourrait désormais sonner gaiement le carillon, et remettre à leur place ceux qui oseraient rappeler ce dicton : « Muet comme le clocher de Parves «.

Mais comment retirer le bourdon du lac ? On se réunit en assemblée générale, sans pouvoir trouver une solution, tant les avis différaient. Enfin, on fit appel à l’ermite de Sainte-Anne, dont la réputation de prudence et de sagesse s’étendait loin à la ronde.

- Mes bons amis, déclara-t-il, pour tirer des eaux la cloche de Bart, faites vœu de vous abstenir de viande, le mercredi de chaque semaine, sans préjudice des vendredis et samedis, auxquels jours, selon la loi de l’Eglise, il nous est interdit de manger la chair des animaux.

On accepta de se soumettre à cette rigueur.

Bientôt, tout un bord du lac se couvrit d’une foule d’engins : treuils, cabestans, et autres; de monceaux de planches, de madriers; d’une quantité de bêtes de trait. Enfin, quand tout fut disposé comme il convenait, on attacha la cloche à deux grosses cordes, et l’on tira. Elle apparut lentement, massive, trapue, et l’on put même déchiffrer, gravée dans l’airain, l’inscription de son baptême. Chacun de l’admirer et de conclure qu’elle convenait à merveille.

Quand tout le monde l’eut bien regardée, on reprit la traction, en s’attendant à ce que, sur la terre ferme et dans une pente assez raide, elle offrît davantage de résistance que dans l’eau. Mais on s’était lourdement trompé, car la cloche, elle, montait légèrement la côte, et les deux cordes, que tiraient douze paires de bœufs, ne se trouvaient jamais tout à fait tendues. La cloche avançait comme si elle eût des jambes. Pour un peu, elle se fût envolée, ainsi que le font celles de nos églises, chapelles ou cathédrales, qui battent des ailes jusqu’à Rome, aux approches de Pâques !

La pente qui monte du lac de Bart en direction de Parves, est constituée d’une série de gigantesques marches d’escaliers, formant ainsi de larges paliers. Or, quand la cloche fut arrivée sur la plus haute de toutes, on voulut faire reposer bêtes et gens. Les bœufs cessèrent de tirer, se couchèrent, et la foule, surtout les hommes, commença par se rafraîchir, vidant force cruches de vin. Bientôt, sous l’effet de l’alcool, de la chaleur et de la griserie du succès, on en vint à plaisanter la cloche. On lui demanda si, dans le lac, elle sonnait pour le «baptême des carpes ou pour le mariage des ondines». On lui adressa même des gaillardises. A la fin, quelqu’un déclara ne pas accepter, pour une simple cloche, de se priver de viande durant trois jours par semaine. D’autres l’approuvèrent. Un immense éclat de rire s’éleva, qui fit vibrer les échos de la montagne.

Il n’avait pas encore cessé, que, soudain, les deux cordes se détachèrent d’elles-mêmes de l’attelage, et que la cloche, libre comme le vent, se mit à rouler, à bondir de rocher en rocher, pour aller disparaître dans le lac, au milieu d’une immense gerbe d’argent... Naguère, par les nuits d’orage, on entendait toujours son lugubre tocsin monter des profondeurs.

 

La légende du Bugey

 

La légende du Bugey raconte que Bugia, compagne de Bel, fils de Japhet, petit-fils de Noé, a donné ainsi son nom au Bugey :

Bel et Bugia ayant décidé leur départ, à la dispersion des petits-fils de Noé, Japhet s’avance à son tour pour les bénir et, par un fil, il suspend au cou de sa bru un sachet en peau de gazelle. "Portez-le", dit-il, "jusqu’à ce que vos regards embrassent le pays du rêve et du désir. Là seulement, vous l’ouvrirez pour en répandre le contenu sur le sol. Il renferme de précieuses reliques du Paradis terrestre et de l’Arche, qui ajouteront encore à la beauté et à la richesse du pays que vous aurez élu". Durant des mois, Bel et Bugia marchèrent dans une nature hirsute, broussailleuse, sans une fleur, dans le vent, les pierres, les sables. Or, un soir, presque épuisée, Bugia, gravissant une montagne, s’arrêta au sommet et s’écria : "Regarde !" Bel releva le front. Son visage se transfigura soudain. À ses pieds s’étendait une vallée sur laquelle, des hauteurs du ciel bleu se déversaient les flots de pierreries d’un splendide arc-en-ciel. La vallée était immense, fertile, charmante. "C’est ici, Bel, qu’il faut nous arrêter. C’est ici que je souhaite vivre". "Oui", dit Bel, "et nous l’appellerons de ton nom, Bugia". Et Bugia vida le contenu du sachet, les graines se répandirent sur le sol, les ceps s’enfoncèrent dans la terre…et le lendemain matin, le Bugey s’éveilla couvert de vignobles, d’arbres fruitiers, de pampres, de cerises, d’épis de blé, de fleurs, qui emplirent dès cet instant cette terre privilégiée.

   

La légende de la Dent du Chat  

 

Jadis un pêcheur vivait là. Il avait loué non loin du lac une modeste maison qu'il occupait avec sa femme et leurs cinq enfants. Touts les sept subsistaient grâce au produit de sa pêche, qui était très inégal. Quand il y avait abondance, le pêcheur vendait l'excès de poisson au marché. Et ce qu'il en tirait permettait d'acheter de quoi manger les jours de mauvais temps. Un matin, comme à l'accoutumée, le pêcheur partit de bonne heure avec sa barque. A midi, malgré ses efforts, aucun poisson n'avait mordu à son hameçon. Découragé, le malheureux leva les yeux et implora le ciel. Il promit de rejeter à l'eau, en signe d'offrande, le premier poisson qu'il attraperait. Il était persuadé que cela lui voudrait ensuite une bonne pêche.

A peine avait-il fait cette promesse qu'il sentit mordre à son hameçon. Il souleva sa canne et tira de l'eau un énorme poisson. Il n'en avait jamais vu d'aussi gros. Aussi regretta-il sa promesse. Il garda le poisson et continua de pêcher. "Il sera toujours temps de rejeter le suivant si la pêche est vraiment bonne", pensa-t-il. Il attrapa alors un poisson encore plus gros que le premier. "Rejette donc celui-là", lui murmura sa conscience. Mais il fit la sourde oreille et lança encore sa ligne. Le fil se tendit aussitôt et la canne plia. Le poids était tel qu'il craignit qu'elle ne se brisât. Il tira de toutes ses forces et sortit du lac un gros chat noir qui se débattait. Il décrocha l'animal et le posa au font de sa barque.


Il lança de nouveau sa ligne. Mais la chance avait tourné, car plus rien ne mordit. En fin de journée, le pêcheur rama jusqu'à la berge. A eux seuls, les deux poissons remplissaient son panier. Il saisit l'anse d'une main, sa canne de l'autre, mit le chat sous son bras et rentra chez lui en sifflotant. Sa femme le félicita pour les poissons, qu'elle se mit aussitôt à vider. Quant au chat, elle voulut s'en débarrasser. Mais les enfants s'y opposèrent et l'adoptèrent.
Dès lors, le pêcheur n'attrapa jamais plus le moindre poisson ? Etait-ce le ciel qui le punissait de n'avoir pont tenu sa promesse ou jouait-il simplement de malchance ? Il s'obstina plusieurs mois et finit par abandonner. Il vendis sa barque et chercha un autre métier. Le hasard fit de lui un bûcheron. Le chat grossit et devint agressif. Il griffait sans cesse les enfants et il lui arrivait même de les mordre. Il fallut s'en séparer. Le père était superstitieux. Il n'osa le tuer par crainte de malédiction. Il mit l'animal dans un sac et l'emmena très loin dans la montagne. Là-haut il le lâcha et le chassa à coups de pierres. Puis il prit la fuite.


Le chat ne revint plus chez l'ancien pêcheur. Mais il fit parler de lui dans la région. Il devint énorme. Il s'attaqua aux troupeaux, aux chiens et parfois même aux femmes et aux enfants. Les gens étaient terrorisés et n'osaient plus sortir. Le mauvais sort s'acharna sur l'ancien pêcheur. Il se blessa d'un coup de hache maladroit. Il perdit son emploi de bûcheron. Et un matin, on le retrouva égorgé devant sa maison, avec sa femme et leurs cinq enfants. C'était l'oeuvre du chat du lac. Ce dernier avait continué de grossir. Il avait atteint la taille d'une panthère. Et il s'attaquait sans crainte aux hommes les plus robustes. Il avait élu domicile dans une grotte, donnant sur le col qu'empruntaient les voyageurs se rendant au lac du Bourget. Il se jetait sauvagement sur eux et les dévorait. Mais il ne les mangeait pas tous puisqu'il ne s'attaquait aux voyageurs qu'a raison de un sur dix. Il en laissait donc passer neuf et mangeait le dixième.

Les habitants de la région veillaient à ne jamais franchir le col en dixième position. Seuls les étrangers ignorant l'habitude du chat étaient dévorés. Un jour, un soldat originaire du Bourget rentrait chez lui. Il prit le chemin du col. Des paysans l'informèrent qu'il était le dixième depuis la dernière victime du chat. Comme il avait hâte de rentrer pour retrouver sa fiancée, il décida d'affronter l'animal. Il était armé et courageux. Au détour du chemin, il aperçut le redoutable chat noir qui le guettait. Il fit halte, saisit calmement son arquebuse, visa et tira. Il toucha l'animal en pleine poitrine, lui arrachant un hurlement effroyable. Le militaire rechargea rapidement son arme, tira encore et atteignit l'animal en pleine tête. Le chat tomba à la renverse, roula sur les pentes abruptes de la montagne et disparut dans les eaux profondes du lac. Le soldat fut acclamé comme un héros et son exploit fêté dans tout le pays. C'est depuis ce jour que la montagne a été appelée Dent du chat.

 

La fée de l'Albarine

Au temps jadis, les rivières coulaient à leur gré et l'Albarine, rivière libre et sauvage s'il en fût, permettait aux montagnes rocheuses qu'elle traversait, dans une étroite vallée, de se refléter dans ses eaux limpides, et aux truites, anguilles et écrevisses de se multiplier.
Or, les hommes imaginèrent barques, ponts et autres engins et l'Albarine, pleine d'orgueil, eut tôt fait de les jeter à bas. ce fut comme une sorte de défi...
Cependant, Jean Guerne, de Torcieu, fort comme un taureau et hardi comme un moineau, s'en soucia si peu qu'il décida, un beau matin, d'installer une traille à l'usage des gens du pays. Il planta donc dans la rivière deux gros piliers, qu'il réunit par une corde, puis il amena une barque et invita hommes, femmes et enfants à passer l'Albarine...
Les habitants de Torcieu, comme ceux de Saint-Rambert et d'Ambérieu, commencèrent à hésiter, redoutant les caprices de la rivière et de sa fée protectrice qui, le soir, apparaissait parfois à ceux qui s'égaraient sur les rivages. Puis, certains s'enhardirent à monter dans la barque. Tout allait à merveille. Jean Guerne se frottait les mains. Par malheur, il existait encore beaucoup de personnes qui avaient ouï dire à leur grand-mère l'histoire que voici :
Un soir de vogue où le vin du pays avait coulé en abondance, une dizaine de garçons rentraient à Torcieu en chantant. Il était très tard, et les gens sérieux avaient depuis longtemps regagné leur maison. Eux, après avoir beaucoup dansé, commençaient à tomber dans une sorte de somnolence et, pour marcher droit et ne point rêver, ils se donnaient le bras et tenaient ainsi toute la longueur du chemin.
La nuit étalait de multiples étoiles et c'était plaisir que de marcher ainsi, auprès de l'Albarine, de ses prairies et de ses arbres.
A la sortie des Balmettes et en vue du château de Saint-Germain, minuit sonna au clocher d'Ambérieu.
Nos garçons, en riant, comptèrent les coups, et au dernier, l'un d'eux se retourna et tressaillit. Il venait de voir, à cent mètres de lui, une jeune fille vêtue de blanc qui, d'un pas léger, avait l'air de les suivre, semblant plutôt glisser que marcher. Ses longs cheveux flottaient au vent.
Troublé, il toucha le bras de ses camarades, qui se retournèrent. Et, malgré leur force, l'habitude qu'ils avaient de courir bois et loups, ils éprouvèrent une surprise si grande - presque une peur - qu'ils s'arrêtèrent.
Elle s'arrêta en même temps. Elle aussi, avait-elle peur ?
Ils reprirent courage, lui sourirent, et lui demandèrent à mi-voix :
- Qui êtes-vous ?
- D'où venez-vous ?
- Sommes-nous des connaissances ?
Et, comme elle ne répondait pas, ils s'approchèrent d'elle.
Au premier pas, elle recula vivement Donc, pensèrent-ils, c'était elle qui était effrayée.
Dix garçons, forts comme des Turcs, qu'avaient-ils à redouter, je vous le demande ?
Pourtant, ils hésitaient. Si elle avait été une simple paysanne, ils lui auraient offert, à la bonne franquette, de faire route avec eux, mais le moyen de faire quelques avances à... à qui, au juste ? songeaient-ils en se regardant.
- Une demoiselle d'Ambérieu, dit tout haut un grand gaillard.
- Seule , à cette heure ? Non, ce n'est pas possible.
- Une dame de Lyon, alors, avança un autre. Elle va prendre la voiture du matin, au Lion d'Or.
- Ce ne doit pas être une vraie dame, déclara un futé, je veux dire une dame comme il faut.
- Tu as raison, répondirent-ils tous en chœur.
- Alors, je vais lui parler, reprit le futé.
- Je t'accompagne, dit un autre.
Et tous deux prirent le pas de course, mais la jeune fille immobile, dès qu'ils furent près d'elle, s'éloigna, comme la première fois, aussi légère qu'un oiseau et sans montrer la moindre gêne.
En voyant avec quelle facilité elle maintenait ses distances, nos deux audacieux s'arrêtèrent et se dirent :
- Nous la rattraperons vers le pré.
Et ils rejoignirent leurs camarades.
Ils reprirent en chantant le chemin d'Ambérieu.
Quand ils furent entre des vignobles et une prairie assez vaste que fermait l'Albarine, un rapide coup d'œil leur apprit que le piège avait réussi. L'inconnue les suivait, insouciante, et s'était même rapprochée, sans prévoir le danger qu'elle courait.
Tout à coup, les deux plus lestes s'élancèrent dans le buisson qui séparait les vignes du chemin. Pliés en deux, invisibles, ils coururent du côté de Saint-Rambert et, arrivés à l'extrémité du vignoble, débouchèrent sur la route ; ils avaient ainsi coupé la retraite de la jeune fille de ce côté-là.
Les autres avaient couru à l'autre extrémité de la prairie, du côté opposé, c'est-à-dire du côté d'Ambérieu ; là aussi toute fuite était impossible, on ne pouvait plus passer.
Aussitôt al troupe s'arrêta, fit volte-face et, se déployant en demi-cercle, se précipita vers l'inconnue pour l'envelopper. La manœuvre était parfaitement réussie.
Elle, sans se presser, se détourna du chemin, traversa légèrement un buisson au plus épais des épines, alla dans la prairie et s 'engagea sous les noyers et les saules, avec le calme et la sérénité d'une reine qui se promène dans son parc.
Intrigués, stupéfaits, nos garçons la suivirent, élargissant leur cercle, bouchant toutes les issues et, maîtres des lieux, se rapprochèrent d'elle en poussant de grands cris.
Elle était perdue sans retour : la rivière, à cet endroit, était large et profonde. Elle n'avait donc aucun espoir de s'échapper. Déjà, les mains s'avançaient pour la saisir, déjà des cris de triomphe s'élevaient quand les petits pieds, qui glissaient si légèrement sur l'herbe, quittèrent le rivage, s'avancèrent sur les flots, brillants, et marchèrent sur les eaux, avec la même facilité que sur le chemin.
Arrivée au milieu du gouffre, elle se retourna vers les jeunes gens, ahuris, épouvantés, leur fit un geste de menace ou de moquerie, secoua ses longs cheveux et, lentement, glissa sur l'onde. Elle était chez elle... dans son élément.
- C'est la fée l'Albarine, dit l'un.
- Oui, dit un autre, la Dame Blanche du pays...
De quoi les avait-elle donc menacée ?
Tremblants, ils reprirent la route, traversèrent Amébrieu dans un silence angoissé. Là, ils se jurèrent de ne jamais dévoiler leur aventure sous peine de se couvrir de ridicule.
amis le lendemain, ils ne purent se lever. Tous avaient la fièvre, et divaguaient, ne reconnaissant même pas les membres de leur famille. Aucun n'osa révéler la cause de leur maladie.


***


Ce fut longtemps après que le mystère s'éclaircit : en reliant entre elles les paroles prononcées pendant leur d"lire, des mères de nos garçons comprirent que la fée de l'Albarine leur avait joué un tour à sa façon.
Un méchant tour, rappelez-vous ? Et les bonnes gens se rappelaient et se figuraient que la fée allait recommencer : il n'en fut rien pendant longtemps.
Mais quand arriva Jean Guerne et sa barque, la lutte devint terrible. C'est ce que comprenaient nombre de gens du pays que, par malheur, Jean soupçonnait de radoter un peu, et d'ailleurs, il ne voyait aucune menace sur les eaux, que sa barque franchissait tous les jours, sans encombre.
Or, une nuit d'hiver qu'il gelait à pierre fendre, tant que corbeaux, canards et oies sauvages avaient fui, Jean Guerne, sa journée achevée, jouissait d'un repos bien gagné et ronflait auprès de sa femme.
Soudain, dans le silence rendu plus profond par la neige qui recouvrait la terre, une voix appela :
- Jean Guerne, disait-elle, je voudrais passer l'Albarine.
Jean dormait d'un sommeil de plomb et ne bougea point.
La voix se fit entendre à nouveau, plus impérieuse et cette fois, réveilla le passeur.
- Le Diable t'emporte, murmura-t-il. Si tu crois que je vais descendre sur la berge par un temps pareil, tu te trompes. je suis au chaud et j'y reste.
- Faut-il aller chez toi te faire lever de force ? reprit la voix. Tu t'en repentiras, mon bonhomme. Ta mule tousse. Veux-tu que son mal s'aggrave ?
Jean, éberlué, frissonna.
"Ma mule ? songea-t-il. C'est vrai qu'elle tousse, mais elle n'est pas sortie. Alors, qui peut le savoir ?"
Cette voix n'était pas d'ici. Elle n'avait pas l'accent traînant du pays.
- Attends-moi, disait-elle. Je vais te parler et ce sera tôt fait.
Effrayé, Jean Guerne sauta hors du lit et courut à la fenêtre.
- Une seconde et je sors ! cria-t-il.
- Dépêche-toi, reprit la voix vers la rivière.
Je vous l'ai dit, Jean Guerne était fort, grand et bâti en athlète ; il ne craignait personne et eût tenu tête à un gendarme. Mais cette voix de femme presque brutale et qui vibrait étrangement ne lui disait rien qui vaille, ne lui rappelait aucune autre voix. Il fit la grimace, ne pouvant surmonter son trouble.
Sa femme, qui avait allumé la chandelle, le regardait.
- M'est avis qu'il serait préférable que je t'accompagne, dit-elle.
- Pourquoi ça ?
- Il y a un loup qui rôde par là...
- Sois sans inquiétude : sui-je un enfant ? Fais-moi chauffer du vin pour mon retour, j'aurai sans doute besoin d'un réconfort.
Et, prenant d'une main un long et solide bâton et de l'autre sa gaffe, il appela son chien, qui refusa de sortir.
Jean songea au loup, dont avait parlé sa femme. Il fit un nouvel appel, mais même sous la caresse de son maître, le chien s'enfuit, épouvanté. "Je ne l'ai jamais vu dans cet état, se dit Jean. pourquoi a-t-il si peur ?"
Cependant, il agitait hardiment sa gaffe, traversa sans encombre son jardin, son verger, qui allait jusqu'à la rivière, mais arrivé près de sa barque, il vit, au clair de lune, une jeune femme, grande et fière, mince et flexible, comme un bouleau, les cheveux flottant sur les épaules et vêtue fort légèrement d'une robe blanche, sans qu'elle parût s'apercevoir du froid intense.
- me voilà ! dit Jean, un peu essoufflé.
- Eh bien , maintenant, hâte-toi de défaire la chaine qui retient la barque, je suis pressée.
Chose incroyable, la rivière avait grossi pendant la nuit et ses flots troublés avaient quelque chose de sinistre et de menaçant.
- je suis désolé, mais la rivière est trop haute, dit Jean Guerne, qui avait pâli à la vue de cette apparition et de cette crue subite et inexplicable.
- Je ne te demande pas un service pour rien : je suis attendue et je ne puis rester ici plus longtemps. Voici trois écus pour ta peine. marche et promptement.
- Vous voyez bien que la chose est impossible... pourtant...
En recevant dans sa main trois écus - une somme importante pour quelques minutes de travail - , Jean Guerne hésitait. Il songeait déjà aux douceurs qu'il pourrait se procurer pour lui et sa femme avec cet argent...
- Eh bien... tu as dit : pourtant...
- Pourtant, j'accepte.
la dame s'élança alors dans la barque et s'assit tranquillement, comme si elle n'eût couru aucun danger.
Jean Guerne mit les trois écus dans son gilet, ouvrit le cadenas, défit la chaine, tendit la corde, appuya sa gaffe sur le gravier et se jeta dans le courant.
Mais à peine avait-il avancé de quelques mètres, que la barque sembla vouloir s'enfoncer dans la rivière. pourtant, c'était une barque neuve et assez solide pour passer de lourds chariots. Or, il fallait se rendre à l'évidence : elle n'obéissait pas à la gaffe, et l'eau bouillonnante menaçait de passer par-dessus le bordage. Jean Guerne, bravement, redouble d'efforts et, tête baissée, d'un vigoureux coup de gaffe, gagna le rivage. Sautant sur la terre ferme, il entoura un saule d'une amarre supplémentaire pour maintenir son bateau.
- Prenez ma main, dit-il ensuite à la passagère pour l'aider à sortir de la barque.
Mais elle était déjà à côté de lui, les yeux brillants d'insolence.
A cetet vue, Jean Guerne perdit son sang froid.
- Comment êtes-vous là ? d murmura-t-il. je ne vous ai pas vue vous lever.
Elel éclata de rire...
- Tu as cru dompter l'Albarine, mais l'Albarine brisera ton bateau, Jean Guerne. Tu ne t'en serviras pas longtemps. Adieu... Tu peux aller te coucher.
Jean, interloqué, faisait déjà demi-tour, quand la passagère parut se raviser.
- Attends, dit-elle. Si tu veux aller demain au marché de Saint-Rambert, écoute de conseil : fais relever le fer de ta mule. Maintenant, au revoir. Pense quelquefois à moi...
Elle riait encore et Jean Guerne était terrifié...
Qui donc était cette créature qui l'avait appelé dans la nuit ? Comment savait-elle ce qui se passait chez lui ? Et pourquoi prédire que son bateau serait détruit ?
La rivière n'était que tourbillons et vagues. Il rattacha solidement sa barque et revint chez lui plus mort que vif.
Sa femme l'attendait avec du vin chaud. Mais avant de dire quoi que ce soit, Jean porta la main à son gilet : les écus n'y étaient plus. A leur place, trois feuilles de noyer, alors que depuis des mois, les noyers n'avaient plus de feuilles.
Jean se mit à pleurer. Quand il eut conté son aventure à sa femme, elle lui dit :
- C'est la Dame Blanche de la rivière, la fée de l'Albarine. Les bonnes gens avaient raison. Mon Dieu, que va-t-il bien nous arriver ?
car cette fée n'a jamais eu bonne réputation, je vous l'ai dit.
Jean Guerne eut de la fièvre pendant des jours.
L'absence de passeur, l'assurance avec laquelle, il déclara que la rivière avait débordé alors qu'elle était basse, inquiétèrent les habitants de la région. Que signifiait tout cela ? Que Jean Guerne était devenu subitement fou ou bien...
L'année suivante, une crue terrible fit changer le cours de l'Albarine, qui s'ouvrit un nouveau lit, hors de l'ancien.
En voyant la barque inutile, échouée sur les graviers, la femme de Jean Guerne lui fit cette remarque :
- la Dame Blanche l'avait dit...
Et, à son tour, elle raconta l'histoire à qui voulait l'entendre. Ce fut la fin du mystère.
Beaucoup plus tard, un pont fut édifié à la place de la traille. Qui peut savoir si la fée de l'Albarine s'en contentera toujours ?...

 

Le lac de Pluvis

 

Par une fin d’après-midi d’hiver, un pauvre hère, perdu dans les solitudes du Bugey, allait on ne sait où. Son seul souci, pour l’heure, consistait à trouver un asile pour la nuit et un quignon de pain pour calmer sa faim. Après avoir cheminé longtemps, son bâton à la main, il aperçut un village dont les toits couverts de neige scintillaient sous les derniers rayons du soleil. Il hâta le pas, titubant parfois, autant de fatigue que sous la poussée de violentes rafales de vent, et parvint devant la première maison.

Il frappa à la porte et demanda poliment si l’on pouvait accorder l’hospitalité à un vieil homme, pauvre et égaré. Brutalement, et sans même entrouvrir l’huis, on lui répondit qu’il n’avait qu’à passer son chemin, qu’on ne recevait pas les paresseux. Il n’insista pas et s’adressa à la maison voisine, puis à une troisième, et à plusieurs autres encore. Partout, on lui fit la même réponse, accompagnée parfois de grossièretés. Pourtant, même si on ne le laissait pas entrer, il apercevait, à travers les fenêtres aux volets non encore fermés, certains intérieurs confortables, aux tables déjà garnies pour le repas.

Alors l’homme se révolta, se mit à hurler que les gens du village n’avaient pas de coeur, étaient corrompus par l’argent, ne valaient pas des bêtes, et autres choses aussi aimables; le tout mêlé d’imprécations. Tout en criant ainsi, le vieillard se dirigea vers une falaise rocheuse auprès de laquelle il espérait trouver un abripour la nuit et allumer un feu pour se réchauffer.

C’est alors qu’apparut une vieille femme qui avait entendu le mendiant s’exprimer si bruyamment. Elle s’avança à sa rencontre et lui offrit de le recevoir dans son propre logis, en l’occurence une grotte qu’elle habitait depuis des années avec sa vache (grotte de la bonne femme).

L’homme accepta avec joie. Son hôtesse lui prépara un lit, lui servit le meilleur repas qu’elle pût lui donner, et quand ils furent tous deux à se réchauffer devant l’âtre, elle lui raconta que les gens du village avaient le coeur dur, ainsi qu’il s’était permis de leur dire. Elle ajouta qu’on la traitait de sorcière, de gueuse, bref que personne ne voulait la fréquenter. L’homme rassura la pauvre femme et lui dit qu’elle valait mieux que tout le village réuni.

Le lendemain, quand la vieille s’éveilla, le mendiant avait disparu. Un peu plus tard, elle sortit de sa grotte, et crut rêver. Elle se frotta les yeux, mais dut se rendre à l’évidence : là où s’élevait, la veille, le village de Saint-Didier, il n’y avait plus qu’une nappe d’eau clapotante, un lac, aux eaux glauques.

Bientôt accoururent les habitants des localités voisines, qui, consternés devant l’ampleur du désastre, ne cessaient de répéter :

- Il n’y a plus de vie, plus de vie ...

Et c’est ainsi que le lac de Pluvis fut baptisé.

 

 

 

Le lac de Pluvis était un lac situé entre Brégnier-Cordon et Izieu. Il a disparu en 1981 lorsque la CNR a creusé sur son emplacement un important canal alimentant la centrale hydroélectrique de Brégnier-Cordon.

 

Aucune ruine n'a été découverte au fond du lac lorsque celui-ci a été asséché par la CNR.

   

 

La dame blanche de Châtillonnet *

 

 

 

Au milieu du XIIIème siècle, Hugues de Montcarrat possédait le château du même nom, situé près de Crapéou, dans cette superbe vallée du Gland célébrée par les poètes. Il y résidait avec son épouse, la belle et vertueuse fille du comte de Groslée. Sans doute sa vie s’écoulait-elle heureuse, partagée entre les joies du foyer et les plaisirs de la chasse. Mais un jour, en dépit des larmes et des supplications de la tendre châtelaine, il dut partir pour la croisade de saint Louis, et fut capturé par les Sarrasins lors de la bataille de Mansourah.

Comme nombre de ses compagnons d’armes, il connut la prison, les fers et toutes les misères des prisonniers. Las de cette captivité dont il ne voyait pas venir la fin, il accepta, pour sortir de sa geôle, d’abjurer sa foi et d’adopter l’islamisme. Puis, on ne sait à la suite de quelles circonstances, il épousa une princesse arabe, Samira, fille du cheik Abd el Nader el Morana, dont le nom nous semble bien précis pour un personnage appartenant à une légende !

Il paraît que la belle était «capiteuse «. Sans doute aussi dut-elle s’attacher fortement au chevalier, puisqu’il put la convaincre de s’enfuir avec lui. On ignore les péripéties de leur évasion et de leur voyage de retour en France. Toujours est-il que notre renégat et sa brune et capiteuse conquêtearrivèrent un jour dans le Bugey, où d’autres Arabes - moins tendres - avaient déjà fait leur apparition quelques siècles plus tôt.

 

Suivi de sa princesse orientale, le chevalier revint à Montcarrat et s’y installa. Les lois matrimoniales n’étant pas les mêmes en Bugey qu’en pays musulman, le croisé-défroqué - si l’on peut dire - relègua sa première femme au château de Châtillonnet, manoir couronnant un rocher à pic des bords du Gland. Le comte de Groslée protesta bien fort de cette façon d’agir vis-à-vis de sa fille, les seigneurs du voisinage prirent son parti et mirent Hugues au ban de la chevalerie; c’est tout ce que nous savons.

 

La belle orientale vint-elle à mourir ? Regagna-t-elle le pays du soleil ? Nous l’ignorons. En tout cas, Hugues repartit à la croisade et rejoignit saint Louis sous les murs de Tunis. Après la mort du roi, on le fit revenir. Mais, déjà atteint de la peste, il trépassa le soir même de son arrivée à Montcarrat.

 

Avant son départ pour Tunis, Hugues s’était-il réconcilié avec son épouse ? La dame se plaisait-elle mieux à Châtillonnet qu’à Montcarrat ? Quoi qu’il en soit, c’est dans le premier de ces châteaux qu’elle attendait le retour de son mari si peu fidèle. Elle l’aimait certainement beaucoup. Aussi, en apprenant sa mort, le désespoir l’envahit : elle se jeta dans le Gland et s’y noya.

 

Depuis, quand sonne minuit au clocher voisin, une dame blanche apparaît parfois auprès du château, et se laisse glisser dans les eaux du Gland, ses longs cheveux flottant derrière elle. Quant à Hugues, son fantôme erre autour du manoir dont il chassa une tendre épouse.

 

 

 

 

Ces deux châteaux sont, aujourd'hui, en ruines, le château de Montcarrat à Conzieu, celui de Châtillonnet à Saint-Bois.

 

 

La légende de Saint-Domitien, fondateur de l'abbaye de Saint Rambert en Bugey

SOURCE / BUGEY HISTORIQUE

 

Selon sa "Vie", d'un auteur anonyme, parvenue à travers des copies :

Domitien naquit à Rome sous l'Empereur Constance.
Son père fut massacré par les ariens.
Lors des persécutiens sous l'empereur Julien l'Apostat, Domitien se sauva à Marseille où il rencontra le prêtre Salvien qu'il accompagna à Lérins où vivait Vincent.
Après la mort de l'empereur en 363, Domitien partit pour Lyon où il fut reçu par l'évêque Eucher qui lui remit des reliques des saints Chrysanthe et Daria et le laissa s'installer dans son diocèse à Axantia (Bourg-Saint-Christophe près de Pérouges) où il éleva un oratoire en l'honneur de saint Christophe.
Mais le lieu manquait d'eau et ne convenait pas à l'accueil des pèlerins.
Il traversa l'Ain et arriva dans un désert au pays de Bebronne où pullulaient les faux-monnayeurs. Durant la nuit, le Christ lui apparut et l'invita à construire un monastère.
Domitien choisit un site agréable et le long de la route éleva un petit hospice pour les pauvres.
Il mit 2 ans pour construire le monastère. Il édifia 2 oratoires, en l'honneur de la vierge et en l'honneur de Saint Christophe.
Lors de la famine, il se rendit à Latiniacum (Lagnieu) où Latinus et sa femme vendaient du blé. Domitien en demanda pour ses moines mais Latinus qui était arien refusa.
A la prière de Domitien, les deux temples de Saturne et Jupiter s'écroulèrent et un violent orage éclata. Domitien ne reçut aucune goutte d'eau.
Ces prodiges entraînèrent la conversion de Latinus qui donna à Domitien tout le territoire environnant le monastère ainsi que des vignes à Vaux.
A sa mort, Domitien fut déposé dans un sarcophage devant l'autel de Saint Genès.



Ce texte est remis en cause par plusieurs auteurs, dont Jacques Dubois, pour qui l'auteur de la vie de Saint Domitien n'avait sous les yeux aucun document ancien, ne connaissait pas l'antiquité chrétienne et laisse apparaître plusieurs fois qu'il vivait au Moyen-âge.

Le texte en question fut certainement écrit au XIIe ou XIIIe siècle par un moine de l'abbaye de Saint-Rambert et une telle légende pouvait créer un préjugé favorable en faveur des droits de l'abbaye sur un territoire.

Le vrai Saint Domitien n'eut sans doute aucun rapport avec le personnage décrit dans sa Vie mais ce qui est certain, c'est que vers le XIIe siècle, on vénérait, le 1er juillet à l'abbaye de Saint Rambert, le fondateur dont le tombeau se trouvait devant l'autel du martyr saint Genès.



Le diacre Florus de Lyon accorde un éloge à Saint Domitien dans son martyrologe composé vers 838 : "au territoire de Lyon, au lieu qui est nommé vallée du Brevon, déposition du bienheureux homme de Dieu, Domitien, abbé, qui, le premier, mena en ce lieu la vie érémitique ; s'étant joint plusieurs disciples pour le service de Dieu, il institua un monastère ; célèbre par ses grandes vertus et ses glorieux miracles, dans une heureuse vieillesse, il fut réuni aux Pères" (H. Quentin, les martyrologes historiques du moyen-âge, Paris, 1908, p. 371).
 

La carrière de Saint Domitien est présentée par Florus suivant un schéma bien connu : un ermite voit affluer des disciples et se trouve contraint à fonder un monastère de cénobites ; il meurt auréolé de vertus après une belle vieillesse. Ses disciples vénèrent son tombeau et la ferveur populaire se développe.

De Saint Domitien on ne sait que le nom et l'emplacement de son tombeau.
La plus ancienne statue connue de St Domitien se trouve dans l'église paroissiale de Saint-Rambert.
Seul vestige de l'ancienne église abbatiale, la crypte est désignée sous le nom de Saint Domitien.

Classée au titre des monuments historiques, la crypte Saint-Domitien date du IX e ou Xe siècle.
Elle est ouverte toute l'année, le dimanche de 14h à 17h et sur réservation en semaine.
Contact : rmdmabbaye1@orange.fr ou 04 74 36 31 99.

Source :
Frère Jacques Dubois, Saint-Domitien, fondateur de l'abbaye de Saint-Rambert: légende et histoire, Le Bugey, n° 48, 1961, p.3

       

   

 

 

 

Les Mystères de l'Ain

Alain Lequien nous entraîne ici dans une exploration des méandres de l’histoire des quatre pays de l’Ain : la Bresse, la Dombes, le Bugey et le pays de Gex.

Les Mystères De L'ain ; Histoires Insolites, étranges, Criminelles Et Extraordinaires - Alain Lequien- De Boree
Parution : 15 Avril 2012
Prix indicatif : 28.00 €

DEPARTEMENT DE L'AIN

 

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bullet Les Trois-Demoiselles du Bugey
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bullet La Fontaine de saint Roland
bullet La Vierge d'or

 

Canton de Gex

 

bullet Les traditions du canton de Gex

 

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Loec 05/01/2015 21:33

Très intéressant!

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